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19 mars 2008

Marche nocturne

C’est drôle comme des fois une soirée peut vous réserver bien des (mauvaises) surprises.

Pourtant tout avait plutôt bien commencé. A 20h à la sortie des cours, je retrouvais sur la place du Capitole un camarade parisien en visite professionnelle sur Toulouse, mais que j’ai rencontré sur le Net.

Nous sommes allés dinés dans un restaurant très sympathique où, entre un bon Tariquet et une bonne brochette de poisson, nous avons passés en revue l’actualité des derniers jours. Mais ce fut aussi l’occasion de faire plus ample connaissance, la politique n’étant pas l’essentiel.

Puis nous nous quittons vers 23h40, après que le restaurant nous aie offert un digestif qui nous fut servit un peu tard, et je m’empresse de prendre le métro. Six stations plus loin j’espérais retrouver ma sœur qui jouait exceptionnellement mon chauffeur.

Or vers minuit, l’extérieur de la station de métro désert, pas le moindre signe de vie. J’appelle ma sœur sur son portable et sur le fixe de la maison, mais je tombe sur le répondeur. Ne supportant pas l’attente et l’indécision, je me mets à marcher en direction de ma petite ville « tout juste » à 7 ou 8 km de là.

Durant cette étrange marche nocturne, ma sacoche d’ordinateur à la main (dans lequel se trouve mon ordinateur donc, puis 3 bouquins, mes cours et un gros dossier pour mon mémoire), je marche d’un pas rapide et décidé, tout en épuisant mon forfait à tenter vainement de contacter (et réveiller) ma sœur.

La vie nocturne des villes périurbaines me laissent un sentiment bizarre, comme si un de mes songes passé, composée de villes érigés par la main de l'homme puis soudainement abandonnées par celui-ci, les livrant au jugement du temps, devenait réalité.

Puis j’ai une pensée pour mon grand père dont on m'a plusieurs fois raconté que n’ayant ni (permis de) voiture, ni volonté de demander (par fierté mal placée) l’aide à qui que ce soit (encore moins à un gabacho), se levait le matin aux aurores pour aller au chantier, et rentrait bien tard le soir pour revenir au foyer.

A une heure vingt du matin je rentre enfin chez moi. 7 à 8 km en une heure et demie, je me dis que c’est une petite performance. Je bois quelques verres d’eau et m’en vais me coucher. Mais le sommeil tarde à venir et le réveil doit sonner 6h plus tard.