12 novembre 2009

Réforme territoriale: rétablir quelques vérités !

Avec la réforme territoriale, les collectivités locales (communes, département, régions) sont dans le collimateur du gouvernement Fillon. Réduire le nombre de collectivités et d'élus locaux, encadrer leurs actions et refondre la fiscalité locale, loin d'approfondir la décentralisation, la réforme conduit à une recentralisation. Cet article veut rétablir quelques vérités sur les collectivités.


Le nombre de niveau de collectivités.


Contrairement à l'argument en vogue, la France n'a pas plus d'échelons d'administration locale que ses voisins européens. Le département, si souvent critiqué, existe dans 12 pays de l'Union européenne (UE) avec des noms et des formes propres. 7 pays n'ont qu'un niveau d'échelon, les communes. La France est, en superficie, le plus grand pays de l'UE.

La particularité française réside dans le nombre de communes : 37 000, soit 47% des communes de l'UE. 21 000 d'entres elles ont moins de 500 habitants et font partie de communautés de communes. Seules, elles ne peuvent fonctionner normalement par manque de moyens. Les communes transfèrent toujours plus de compé-tences vers ces regroupements, ce qui permet de réaliser des économies d'échelles et d'atteindre un niveau d'action plus efficace.


La démocratie locale.


La décentralisation repose sur le principe de subsidiarité. Ce principe signifie qu'on gouverne mieux de près et qu'il faut transférer les bonnes compétences à l'échelon efficace.

Depuis les lois de 1982-1983, le département s'est vu confié la compétence en matière d'action sociale et d'aménagement du territoire. Or la création d'un nouvel échelon, la métropole, qui récupérerait une partie des compétences du département, pose le problème de l'équilibre et de l'équité entre territoires. Dans le cadre de la Haute-Garonne, si le Grand Toulouse devient une métropole (les petites communes disparaissent alors) et assume sur sa zone géographique, les compétences sociales du Département, pourra-t-on garantir l'égalité de traitement entre citoyens selon qu'ils habitent en zone urbaine ou rurale ? Comment harmonisera-t-on le territoire à partir de deux collectivités, inégalement dotées en ressources financières, agissant sur deux zones géographiques différentes ?

La création des conseillers territoriaux, qui remplaceront à terme les conseillers généraux et régionaux, institutionnalise le cumul des mandats. Le mode de scrutin choisi met en péril la représentativité d'une pluralité d'opinions politiques. L'Angleterre pratique ce mode de scrutin qui débouche sur un bipartisme excessif où celui qui arrive en tete obtient la majorité absolue par un système de prime. Il rompt aussi le lien de proximité entre citoyens et élus.


La fiscalité locale.


On accuse les collectivités locales - en particulier depuis qu'elles sont gérées par la Gauche - d'être trop dépensières et d'augmenter régulièrement les impôts locaux. Pourtant en matière de gestion, l'Etat n'a pas de leçons à donner.

Contrairement à l'Etat, les collectivités locales sont faiblement endettées : leurs dettes représentent 10% de la dette publique totale contre 79% pour celle de l'Etat. Par ailleurs, elles ont su dégagées une épargne conséquente leur permettant d'autofinancer une part croissante d'investissements et de réduire leur taux d'endettement. Cette situation financière résulte autant de règles financières strictes que d'une volonté politique des élus.

La forte augmentation des dépenses des collectivités ces vingt dernières années, vient des lois successives de décentralisation. Ces lois ont transférées toujours plus de compétence aux collectivités, avec une compensation financière incomplète ou insuffisante.  Incomplète au regard de ses engagements, insuffisant au regard des besoins du terrain, que la logique de subsidiarité permet de révèler. Enfin, lors des crises régulières (1993, 2001, 2008), les recettes diminuent et les dépenses (sociales notamment) augmentent.


La taxe professionnelle.


L'inquiétude des élus locaux - tout bord confondue - vis-à-vis de la suppression de la taxe professionnelle vient du fait que cet impôt est la principale ressource fiscale des collectivités. A titre d'illustration, la suppression de la taxe professionnelle représentera pour le Conseil Général de la Haute-Garonne, une perte sèche de 50% du produit de ses recettes de fiscalité directe et un quart de son budget.

Or face à la crise économique actuelle, l'activité économique ne résiste que par la consommation des ménages et l'investissement public. Les ménages ne pourront pas éternellement puiser dans leur épargne. Les collectivités locales assurent les ¾ des investissements publics. Si on supprime leur principale ressource fiscale, comment vont-elles faire pour réaliser les investissements nécessaires et ainsi soutenir l'activité économique ?

(texte à destination du journal local de ma section socialiste)

05 novembre 2009

Retour en Catalogne

Disposant d’une petite semaine de vacances, je suis parti la semaine dernière à Barcelone. Arrivant le dimanche dans la soirée pour repartir jeudi dans l’après midi, mon séjour aura été de courte durée. Je n’étais pas retourné dans la capitale de la Catalogne depuis un an et demi, et à vrai dire, ça me manquait.

Mon bref séjour aura surtout été l’occasion de rendre visite à de bons amis. D’abord trois camarades du PS français, expatriés à l’étranger. Nous nous sommes revu autour d’un verre et quelques « tapas ». Ils apprécient que je leur fasse signe à chaque fois que j’ai l’occasion de venir. En fait, c’est avec plaisir que je retrouve les gens de ma première section. Nous avons passés de bons moments à l’occasion de la campagne présidentielle.

Il y a ensuite deux amis catalans, Eduard et Maria. Nous n’avons pas coutume de nous écrire souvent, ni de nous parler via msn. Mais je suis content de voir qu’à chaque fois que j’ai l’occasion de venir et que je leur signale mon arrivée, ils répondent présents. Je les ais rencontrés lors de mon séjour ERASMUS en 2007, on avait quelques cours en communs. On a même travaillés ensemble dans un groupe de travail. Ils ont dit qu’ils essaieraient de venir me voir en France. C’est avec joie que je les recevrai.

Souhaitant profiter un peu de ma famille, mes oncles, mes cousins, ma grand-mère, je n’ai pas spécialement (re)visité Barcelone. Bien qu’il fasse doux, le ciel était généralement couvert et avec le changement d’heure, la nuit tombe trop vite. Je suis bien allé dans quelques librairies mais je n’y ais rien acheté, trop fauché que je suis. Je suis allé faire un tour sur les Ramblas et boire une sangria dans mon bar préféré. C’est dans ce lieu que j’ai envoyé un sms à mon amie polonaise pour lui dire que je buvais un verra à sa santé.

Enfin, je suis allé voir une exposition au Musée d’Art Contemporain, consacrée à John Cage, un artiste américain, connue pour sa musique expérimentale. J’avais entendu parler de cette expo en lisant un article dans El Pais. Le thème de l’anarchie du silence m’avait plu et motivé à découvrir l’artiste. Au final, j’ai trouvé l’œuvre de Cage intéressante mais l’exposition peu accrocheuse : quelques photos, beaucoup de partitions annotées à lire, écouter des sons sur des rares écouteurs, forcément prisés par les quelques gens du public.

L’art contemporain me semble décidément trop abstrait pour être accessible au commun des mortels. J’ai la désagréable impression d’un art imperméable, ressemblant par moment à une vraie arnaque. Se pose le problème de l’accessibilité intellectuelle et sociale de ce genre d’œuvre.

Ci-dessous une vidéo montrant une des œuvres de John Cage.

 

 

31 octobre 2009

Empire Of The Sun

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J'ai découvert ce groupe par l'intermédiaire du site Deezer qui propose régulièrement en page d'accueil les dernière nouveautés musicale. C'est l'image de l'album qui a attiré mon attention, elle me rappelait beaucoup les affiches de Star Wars. Sans compter le nom du groupe "Empire of the Sun".

Au départ j'avais écouté une chanson ou deux mais j'avais pas plus accroché que cela. Mais en regardant dernièrement la télévision, j'ai vu qu'une pub - e-bay je crois - reprenait la chanson "Walking on a dream". Du coup j'ai écouté plusieurs fois l'album et je trouve ça très sympa.

21 octobre 2009

Un air d'Orange Mécanique

Il y a quelques semaines de cela, à la suite de quelques faits divers, de nombreux responsables politiques se sont précipités sur les plateaux télé pour se prononcer en faveur de la castration chimique des délinquants sexuels, ou pédophiles condamnés. A ce moment là, je n’ai pu m’empêcher de penser à Orange Mécanique, le roman d’anticipation ou de contre-utopie d’Anthony Burgess, magistralement porté à l’écran par Stanley Kubrick en 1971.

Orange mécanique c’est l’histoire d’un antihéros, Alex, qui retrace ses exploits de délinquants (passage à tabac d’un SDF, baston entre gang, alcool, viols, vol etc.) jusqu’à son arrestation et incarcération. Afin de pouvoir sortir plus vite de prison, il se porte volontaire pour suivre un traitement médical qui le conditionne à renoncer à tout désir de violence. Mais à sa libération, on assiste à un renversement de situation, car il se retrouve désarmé et victime face à la violence symbolique et physique de ses anciennes victimes.

L’œuvre d’Anthony Burgess, loin d’être une ode à la violence comme on l’accusait de l’être à la sortie du film (Kubrick avait pris quelques libertés avec le livre qui selon moi change la lecture de l’œuvre), est une réflexion sur l'origine et l'expression de la violence symbolique et physique, individuelle et collective, privée et d’Etat. La récupération politique des actes de délinquances, partie intégrante de la seconde partie de l’histoire, est quand même d’actualité. Je pense d’ailleurs qu’une nouvelle adaptation cinématographique de l’œuvre est possible voir souhaitable.

De fait notre façon de penser la violence, qui peut se manifester par la délinquance juvénile, sexuelle, etc., et la manière dont on entend la traiter, est très révélateur des valeurs d’une société et de son niveau de maturité civilisationnelle. Il me semble que c’est Michel Foucault qui a montré que la violence (monopole d’Etat) tendait avec le temps à « s’adoucir » (il renonce à son droit de vie et de mort sur ses sujets) et à être circonscrite dans un espace toujours plus éloigné du grand public.

La pédophilie est un acte détestable et le désir de justice des victimes et des familles est on ne peut plus normal. Mais dans ces affaires là il me semble que la justice ne peut amener réparation, et que les victimes doivent apprendre à se reconstruire que la justice soit rendue ou non. Cela prend du temps et c’est quelque chose de personnel, je suppose. Bien sur une condamnation de justice participe, j’imagine là aussi, à ce processus de reconstruction, mais ce n’est pas une condition suffisante. Je crois que les pouvoirs publics sont impuissants face à ce phénomène car il est difficile à s’adapter à l’identité de chacun.

La réponse au problème de pédophilie ne peut pas être pénale et médicale. Il me semble que la confusion des genres est une atteinte aux droits. C’est une double condamnation : on purge sa peine et on est à nouveau condamné pour quelque chose qu’on est censé avoir payé. Un lecteur du Monde sur un article traitant de ces questions avait posé le problème avec, me semble-t-il, intelligence. Soit la pédophilie est un acte de délinquance, auquel cas la réponse pénale est adéquate et on peut imaginer alourdir la peine. Soit la pédophilie est une maladie auquel cas le traitement médical, la castration chimique par exemple, sur une durée longue et dans un établissement particulier, serait plus judicieux.

Ce ne sont là que des réflexions générales et je ne revendique pas avoir compris tout les tenants et aboutissants d’un problème assez grave, ni d’avoir les solutions miracles. Il est clair que le fait d’adopter l’une ou l’autre de ces approches entraine un nouveau débat sur les définitions puis les moyens d’y répondre.

12 octobre 2009

Séquence parisienne (2)

Deuxième visite sur Paris pour une semaine de concours. Du même niveau de réputation et de difficulté que le précédent examen, l’examen se compose de cinq épreuves : quatre dissertations et une note de synthèse. J’en suis sorti globalement satisfait.

Les sujets m’ont paru abordables mais diversement stimulants. Alors que le sujet de culture générale (liberté et espace public) me paraissait trop nous enfermer dans sa dimension juridique, je me suis éclaté, voir même épaté, en économie, dont le sujet était consacré à la crise mondiale.

Plus alerte face aux sujets et plus à l’aise dans la rédaction qu’il y a un mois, j’ai également mieux géré mon temps, qui reste un de mes principaux problèmes. Les correcteurs pourront ainsi juger un devoir complet, et moi voir dans les notes qu’ils me donneront, un moyen de mieux m’évaluer.

Malheureusement je me suis bien planté pour l’épreuve sur dossier. C’est un type d’épreuve que j’ai découvert cette année, sans aucun cours de méthode et avec peu de pratiques (cinq à six sujets d’entrainement en comptant les deux derniers concours), et que je maitrise encore bien mal. J’ai tendance à me perdre dans les détails quand il faut aller à l’essentiel.

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Lors du concours, j’ai croisé trois filles de ma promo. C’est toujours un plaisir de voir des têtes familières dans une masse de visages. Ca l’est beaucoup moins quand on se rend compte qu’on ne connait pas ton nom et/ou qu’on tarde à te reconnaitre.

Je trouve hallucinant de passer un an ensemble en classe, dans des cours en petit comité entre 15 et 30 personnes avec des exposés réguliers et des échanges d’informations par mails, sans apprendre au minimum les noms de tes collègues.

Certes nous n’avons pas fait de soirées pour mieux nous connaitre, certes nous n’avions pas d’affinités particulières dans les discussions à la pause, certes je dois arrêter d’être égocentrique, mais je trouve cela significatif de l’ambiance bien peu collective qui animait ma promo de l’an dernier.

Bien sur, ce que je dis là ne concerne pas L. qui m’a reconnu parce qu’on se connait depuis la deuxième année et qu’on a travaillé sur plusieurs exposés au dernier semestre.

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A l’occasion de mon séjour, j’ai enfin renoué contact avec mon amie d’enfance. On ne s’était pas vu et parlé depuis quatre, cinq ans. Nous nous étions furtivement parlé un mois avant mais n’avions pu nous rencontrer. Elle a eu la gentillesse de m’héberger la semaine dans son appartement qu’elle partage avec un sympathique breton.

J’appréhendais quand même un peu ces retrouvailles. Mais mes craintes se sont rapidement dissipées. J’ai découvert un peu son univers, son école, ses amies, sa vie sur Paris. Elle m’a parlé de son travail et de ses projets. Je lui ai expliqué mes concours. On a parlé de nos familles respectives, ce qu’elles devenaient etc.

Etrangement, nous n’avons parlé de notre enfance commune que tardivement, la veille de mon départ, à trois heures du matin, après quelques verres de ponch pour elle et quelques bières pour moi. Un moment empreint de nostalgie légère et de gaieté, au rythme des souvenirs et des fous rires qui se succèdent. Un moment d’intimité et d’émotion aussi lorsque nous avons parlé de son frère, disparu depuis huit ans déjà.

Cette fille est simplement magnifique et resplendissante de beauté. Beauté physique bien sur, ses quelques kilos lui vont très bien, elle a de belles formes. Mais beauté intérieure surtout. « Notre rayon de soleil » l’appelle très justement sa mère. Constamment souriante et plein d’humour, elle respire la joie de vivre. C’est ce que j’ai toujours aimé chez elle…

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Dernier point, j'ai été voir un spectacle d'improvisation. C'était dans un bar, j'y suis allé avec l'amie en question, son colloc et des amis à eux. Deux binomes de garçons s'opposaient donc sur des thèmes annoncés par une arbitre. Les deux équipes jouaient tantot en suivant, tantot ensemble. Le public arbitraient par un vote à main levé. Les équipes pouvaient recevoir de l'arbitre, en fonction du vote du public et du non respect des règles du jeu, des cartes bonus ou malus. Ces cartes servaient pour la seconde partie du jeu  qui leur permettaient  de rajouter un élément incongru au thème du jeu.

C'était très sympa. J'ai trouvé les acteurs très bons, une équipe plus que l'autre, mais il s'avère que les deux gars de cette équipe se connaissait mieux que les gars de l'autre équipe. Plus facile dans ce cas là de rentrer dans le délire de l'autre en rajoutant des choses sans le choquer. Ils étaient tellement bon que je me suis demandé si cela n'était pas organisé.