23 septembre 2010
Un certain malaise
Témoignage d’une amie qui vient de sortir d’une école d’administration, dont je terrai le nom, qui révèle une certaine dérive et l'état d'esprit du moment.
« A l’école, on nous vend les services chargés des étrangers. On nous assure que si l’on accepte ce type de postes, on reçoit une prime et surtout ça sert notre carrière future. On prouve quelque part sa loyauté d’agent public à l’Etat ».
« Durant l’année on a eu quelques études de cas sur la situation d’étrangers en France. Il nous fallait décider si la personne pouvait rester ou si l’on devait l’expulser. Le sort des personnes avait déjà été scellé. C’était juste pour nous donner l’habitude de traiter ce genre de dossiers ».
« Pour moi, et dès l’arrivée à l’école, il n’était pas question de bosser dans ces services là. Je crois que j’aurai démissionné de l’administration si j’avais été affecté là dedans. Pour la période de stage on m’a d’abord proposé ces services mais j’ai pu changer de stage avec un prétexte bidon ».
« C’est fou comme l’école révèle la personnalité des gens ! Certains prenaient l’exercice d’étude de cas sur le ton de la rigolade, et jouaient même à celui qui en expulsait le plus. J’étais assez mal à l’aise sur ce sujet. Beaucoup de ceux qui avaient une formation juridique ne comprenait pas mon malaise, pour eux il s’agissait juste d’appliquer la loi. Au final, ces services ont été pas mal demandés quand même».
« Quand on vient d’une formation comme la notre, où l’on nous habitue à un certain esprit critique, à une certaine introspection, et qu’on voit ça, on se dit qu’on nous formate quand même pas mal. Lors des oraux de sortis, ils insistaient beaucoup sur la loyauté et le devoir de réserve ».
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