29 octobre 2011
Anti-social tu perds ton sang froid !
Comme pour contrebalancer la dérive droitière de l’UMP incarné, entre autre, par le courant « La droite populaire » de Lionnel Luca et compagnie, quelques responsables politiques ont crée « La droite sociale » qui rassemble les « humanistes » du parti majoritaire.
Laurent Wauquiez, actuellement Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, en est un des principaux représentants. Or depuis le début de l’année, il s’est plusieurs fois illustré par des sorties médiatiques chocs contre l’assistanat et la fraude sociale.
Le 30 avril 2011, il appelait à « en finir avec cette société de créanciers, du "droit à" » considérant que « tout effort de la collectivité doit entraîner une contrepartie ». Le 8 mai 2011, il qualifiait l’assistanat de « cancer de la société française », et le RSA d’« erreur majeure du quinquennat ».
Il souhaite maintenant réserver l’accès au logement social en priorité aux personnes qui occupent un emploi, une proposition qui n’est pas sans rappeler celle de son collègue Patrick Buisson qui voulait en mars dernier, réserver le RSA et le RMI aux Français qui ont un travail.
Mes commentaires :
A l’approche de la présidentielle et des législatives, il n’est pas scandaleux en soi que la majorité débatte sur la politique sociale qu’elle entend (continuer de) mener. Mais ce n’est pas le rôle ou le domaine de compétence d’un Ministre de d’enseignement supérieur. Wauquiez sait-il qu’il n’est plus Secrétaire d’Etat chargé de l’emploi ?
La multiplication des dispositifs et allocations sociales – avec des procédures, des services et administrations, des conditions d’accès, des montants différents – rend le système complexe et illisible, et pénalise diversement la reprise d’activité. La mise en place du RSA visait à corriger ces deux travers.
Alors on peut critiquer le bilan du RSA en place depuis deux ans, pointer les lacunes du dispositif afin de l’améliorer (1). Mais quand on dit vouloir encourager le retour à l’emploi et restaurer la « valeur travail », on ne torpille pas une mesure qui poursuit justement ces objectifs. A fortiori quand on se revendique de la droite sociale !
Il est inutile d’inventer des clivages sur des principes généraux qui font consensus : la fraude (sociale, fiscale) doit être réprimé, le travail est préférable à l’inactivité (2). Mais quand le pays connait un déficit évident d’emplois et d’activité, on ne résout pas le chômage en faisant la chasse aux chômeurs et bénéficiaires d’allocations sociales.
Ses propos sur le logement social montrent la segmentation des politiques publiques en général et des publics en particulier. L’accès à l’emploi et au logement doivent parfois se régler simultanément, en particulier pour les jeunes actifs. Mais dans un parc immobilier, privé et social, stable et constant, privilégier les uns revient à discriminer les autres. C’est un choix politique mais faut l’assumer.
(1) Dans l’esprit de Martin Hirsch, le RSA doit à terme se substituer à différents dispositifs en place. Pour l’instant, le RSA remplace le RMI, l’Allocation de Parent Isolé et quelques autres aides de retour à l’emploi. Voir sur blog sa réaction aux propos de Wauquiez et quelques autres.
(2) Je ne me place pas ici sur le plan de la morale judéo-chrétienne (bien/mal) mais sur celui du civisme, à savoir le respect de la règle définie par tous et pour tous, et de l'utilité économique et sociale du travail, à savoir satisfaire un certain nombre de besoins et assurer une cohésion entre les membres.
17:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (16)


