12 février 2012
Rocky is back
Non, non, je ne parle pas de Rocky Balboa le mythique boxeur incarné à six reprises par Sylvester Stallone. « Rocky » c’est le petit surnom donné à Michel Rocard au sein du PS, en général par les militants soc-dem qui l’apprécient et pour qui la parole compte toujours un peu.
Or depuis qu’il a été nommé « Ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique », Rocard s’est fait bien silencieux : peu d’interviews, quelques réunions ou conférences ici ou là, une ou deux tribunes dans la presse écrite.
Dans un entretien accordé à Nice Matin où il était interrogé sur la (pré-)campagne présidentielle, il a dit ne pas vouloir s’impliquer parce qu’il fallait notamment laisser la place aux jeunes. Contrairement à Lionel Jospin, il n’était pas présent au meeting du Bourget où François Hollande a (brillamment) lancé sa campagne.
Il a récemment participé à une réunion d’Inventer à gauche, un nième courant du PS organisé autour de Michel Destot (le maire de Grenoble), autour du thème des 100 premiers jours d’un futur gouvernement de gauche. Si j’en crois les comptes-rendus de l’association, de LCP et de Rue89, il nous a encore fait du « grand Rocard ».
Ses principales idées phares :
- Nouvelle phase de la décentralisation
- Participation des salariés au conseil de surveillance et aux comités de rémunération des grands groupes
- Renforcement de la présence et de l’importance syndicale par une forte incitation à y adhérer
- La suppression des stock-options
- Casser l’intérêt bancaire (« ça va être la lutte des classes » dixit)
- Face à la crise du logement, une caution mutuelle solidaire
- Faire la toilette des textes scandaleux sur l’immigration et la nationalité
- La taxe carbone
Moins consensuel cette fois, il a jugé très peu plausible les hypothèses de croissance retenu dans le programme présidentiel d’Hollande, a critiqué l’accord électoral PS-EELV sur le nucléaire et préconise de retarder la réforme fiscale, jugée plus facile à faire avec de la croissance, et de s'en tenir aux mesures symboliques à faible coût.
Mes remarques :
Concernant les hypothèses de croissance, celles prévues en 2012 et 2013 me semblent plutôt prudentes et réalisables, autant celles prévues de 2014 à 2017 apparaissent bien optimistes, tout au moins incertaines. Mais celles du gouvernement ou de Bayrou ne sont pas non plus très prudentes.
(cliquer sur l'image pour agrandir)
Concernant la réforme fiscale, il me semble évident que si elle n’est pas lancée dès l’élection, c'est-à-dire au moment même où la nouvelle majorité a le soutien politique le plus large, alors elle ne se fera pas. Et elle est nécessaire autant pour des raisons de justice fiscale que pour des raisons budgétaires et économiques.
Concernant les mesures symboliques à faibles coûts, c’est assez surprenant de l’entendre de la bouche de Rocard (ça mériterait d’entendre le raisonnement en entier), lui qu’est pourtant moins attaché au symbolique qu’au pratique et structurel. Mais dans un contexte budgétaire difficile, on en comprend aussi la raison.
17:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rocard, hollande, ps, europe-écologie, gauche, jospin, média
08 février 2012
Pour une réforme des parrainages
A chaque élection présidentielle, le sujet revient systématiquement dans le débat public. On entend des mêmes formations politiques, les mêmes plaintes à l’égard du système des parrainages : trop restrictif, trop injuste, trop peu démocratique.
Rappelons-le, ce système impose à tout prétendant à l’élection présidentielle, d’avoir au moins 500 signatures d’élus (parmi plus de 40 000 édiles) pour être reconnu officiellement candidat (et ainsi bénéficier des financements publics).
A la base, le système a été mis en place pour éviter les candidatures farfelues (Coluche et autres) et s’assurer que les prétendants à la présidentielle disposent d’un ancrage territorial et citoyen (via le nombre d’élus, d’au moins 30 circonscriptions).
Mais depuis 1965, première élection présidentielle au suffrage universel direct, on a de plus en plus de candidats sur la ligne de départ, alors même que certains n’ont aucune prétention à gouverner ou ne sont pas en situation de gagner ou de peser.
La critique des parrainages vient toujours des formations politiques qui n’utilisent l’élection présidentielle que comme une tribune politique et médiatique. Or elles délaissent très souvent les élections intermédiaires, par manque d’intérêt/de moyens.
Comme alternative au système actuel, on trouve le parrainage direct par les citoyens, l’abaissement du seuil de parrainage, la non publicité des parrains, la possibilité de parrainer plusieurs candidats ou élargir le parrainage aux conseillers municipaux.
Partisan d’un rapprochement des scrutins présidentiels et législatifs (qu’il faudrait organiser le même jour), je propose de conditionner la candidature à la présidentielle à la présentation conjointe de 577 candidats aux législatives.
Loin du mensonge gaullien d’une rencontre entre un homme et un peuple, l’élection présidentielle c’est l’élection d’un homme (ou d’une femme) qui aspire à gouverner avec l’appui d’une majorité parlementaire. Le président n’a pas un rôle honorifique.
Ma proposition aurait l’intérêt de conditionner une candidature non plus aux résultats électoraux passés mais à un projet concret de majorité future. Et on limiterait l’intérêt des candidatures de témoignage ou d’intérêt (alliances de 2nd tour).
14:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)



