17 décembre 2009
Entre-deux, entre soi.
*
Entre le battement et l'épuisement, un cœur en débat.
Entre le souvenir et l'oubli, une mémoire en question.
Entre l'éphémère et la durée, un instant vécue.
*
Entre l'examen et le résultat, une attente prolongée.
Entre le projet et le retard, un contretemps survenu.
Entre Barcelone et Madrid, un possible à saisir.
*
Entre le bonheur et la tristesse, une émotion exprimée.
Entre l'espérance et la désillusion, une âme en quête de sens.
Entre la pensée et le mot, le portail du silence à franchir.
...
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27 novembre 2009
Incompréhension
Ce matin, la factrice a sonné au portail pour me remettre le courrier. Il y avait une lettre recommandée à signer. C'est la convocation pour un concours que j'attends depuis une semaine. Alors que je signe mon autographe, la factrice me dit :
- « Puisque je vous ai là, j'en profite pour vous demander pour le calendrier »,
- « Oui. Attendez ! Je vais chercher de la monnaie ».
Je retourne donc dans la maison et m'en vais chercher la petite pièce de 2 euros que j'avais gardée pour l'occasion. Les éboueurs et les pompiers étaient déjà passés, je savais que les postiers ne tarderaient pas à passer. Je retourne donc au portail et lui donne la monnaie.
- « Je vous laisse choisir ! » me dit-elle, en me proposant plusieurs calendriers.
- « Ben... je vais prendre le premier »
Et alors là, c'est le drame... Je vois le visage de la femme changer d'humeur.
- « Je vous le laisse pour cette fois mais franchement on dirait que les gens croient qu'on les paye pas les calendriers »
- « Je m'excuse mais je suis étudiant... »
- « Oui... Mais avec deux euros, c'est même pas le prix du calendrier »
- « Ben tenez, je vous le rends alors ! » lui dis-je, en lui tendant le calendrier,
- « Non, non, c'est bon, c'est pas grave... »
Visiblement énervée, elle repart illico sur son scooter, sans qu'on se souhaite de passer de bonnes fêtes. J'ai tout juste le temps de sortir un « désolé » décalé. Puis dépité, je rentre chez moi et referme la porte en me disant « Désolé ? Mais de quoi au final ? ».
Le calendrier des postiers, des éboueurs, des sapeurs pompiers, je les achète par tradition, celle des étrennes de fin d'année. Cette vieille coutume qui veut qu'on donne un petit quelque chose aux agents de ces professions pour les services de proximité qu'ils fournissent (et pour lesquels ils sont payés) tout au long de l'année.
Qu'est ce que je peux bien faire de trois calendriers ? Moi, dans mon quotidien, je vie tranquillement sans agenda. La date sur mon téléphone portable me suffit amplement, ma mémoire faisant le reste pour garder les choses à ne pas oublier. Autant dire que je m'en taponne de leurs calendriers. La plus part du temps, ils restent sur le buffet du salon puis finissent à la poubelle.
Toute coutume que cela soit, cet échange reste un don. L'esprit du don, c'est la gratuité. On le fait parce qu'on veut bien donner, pas parce qu'on attend quelque chose en retour. Les calendriers sont là comme décoratifs, ce n'est pas un achat qu'on réalise, même si ça y ressemble. Quand on vous contraint à donner parce qu'on pense que c'est acquis, quand on vous fait remarquer que ce que vous donnez ce n'est pas beaucoup, pour moi il n'y a plus l'esprit du don.
J'entends bien qu'en dessous d'une certaine somme, ils y sont de leurs poches. Mais il y a la manière de le dire, si on estime que c'est quelque chose à dire. Et puis si leurs salaires ne sont pas extraordinaires hauts, ceux des autres ne le sont pas forcément plus. Et, la crise n'arrange rien. Si on ne peut pas comprendre ça, ce n'est pas la peine de se revendiquer du service public.
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23 novembre 2009
Parti bien jeune…
On ne prête pas toujours attention aux faits divers de nos canards locaux. Je n'ai pas l'habitude de les lire. L'appellation même de cette rubrique suggère d'ailleurs que les évènements qui y sont rapportés sont peu importants, d'une certaine banalité, tant ils font partie des aléas de la vie.
Quand on y apprend le décès d'une connaissance, on voit alors les choses différemment. Cédric S., 18 ans, s'en est ainsi allé. Un stupide accident de voiture. Le conducteur du véhicule où il siégeait en passager arrière, a cherché à éviter deux chiens qui se baladaient sur la route. Un autre véhicule, peut être, se trouver en face.
Le gamin avait travaillé comme apprenti pendant deux ans dans l'entreprise de peinture de mon oncle. Il l'avait quitté fin juillet, à la fin de son contrat, pour rentrer dans l'armée de terre. Pour être franc, son départ était vécu comme un soulagement. D'abord la crise économique a vu ralentir l'activité dans le bâtiment et il n'est pas possible de mettre fin par anticipation les contrats d'apprentissage. Ensuite, et surtout, c'était un incorrigible étourdie.
Ah le bougre ! Il en faisait voir de toutes les couleurs à mon oncle-chef d'équipe, pourtant d'une grande patience et d'une gentillesse qui lui est parfois reproché. Il oubliait la gamelle du midi, il perdait du matériel, il arrivait parfois en retard au boulot à cause de sa moto voir ne venait pas de la journée. Il multipliait les gaffes, écoutant les consignes de mon oncle pour les oublier cinq minutes après. Et bien sur, il justifiait toujours ses bourdes par une cause extérieure...
Forcément, les autres gars de l'entreprise se moquaient facilement de lui. C'était presque un petit jeu : quelle connerie va-t-il encore faire aujourd'hui ? Les quelques fois que je l'ai croisé, je rigolais de l'air désespéré de mon oncle. C'était moins marrant quand l'un des salariés, anciennement apprenti, se prenait pour le petit chef et lui cassait les couilles pour un oui, pour un non. Mais la vérité, c'est que Cédric n'avait pas mauvais fond. Ses conneries, ses absences n'étaient pas calculées, pas intentionnelles. C'était simplement un gamin qui pensait qu'à s'amuser après le boulot avec ses amis et qui réalisait pas encore qu'il était entré dans le monde du travail.
Mon oncle m'avait dit de lui qu'il était tellement inconscient, qu'il allait mourir jeune. Il ne pensait pas avoir raison. Je sais ce soir qu'il se mord les doigts d'avoir penser et dire cela, le pauvre. En tout cas, en dépit de l'opinion parfois très sévère que les uns et les autres portaient sur le môme, sa disparition n'a pas laissé indifférent. Quoi de plus normal après tout, deux ans passés ensemble, ça créer des liens. Et puis c'est une petite entreprise.
Le peu de temps que j'ai bossé avec lui, quelques semaines ici ou là, je sais qu'on s'entendait bien. J'avais l'impression qu'en raison de mes études, il me voyait comme un peu à part et avait un certain respect peut être, et qu'en raison de ma simplicité, il m'appréciait. C'est sur que je m'adressais à lui avec plus de finesse et de gentillesse que d'autres. Mais je ne me voyais pas non plus faire mon petit chef. C'était plus des défis collectif « aller Cédric, on met tant de temps pour se faire ce portail ». Bien sur, je le charriais aussi, c'est un peu l'ambiance, parfois je le faisais marcher, mais sans jamais de méchanceté.
Je repense à ces quelques petits instants de vie sociale commune. Trop courts pour m'apparaitre comme de la franche camaraderie, trop peu personnel pour avoir été une réelle amitié. Il fera partie de ces gens que j'ai croisés furtivement dans le BTP et que j'ai eu plaisir à rencontré et à côtoyer. En tout cas, son brusque départ me refait penser que la voiture n'est pas un jouet et qu'il convient de l'utiliser avec prudence.
01:39 Publié dans Réflexion du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mémoire, bâtiment
21 octobre 2009
Un air d'Orange Mécanique
Il y a quelques semaines de cela, à la suite de quelques faits divers, de nombreux responsables politiques se sont précipités sur les plateaux télé pour se prononcer en faveur de la castration chimique des délinquants sexuels, ou pédophiles condamnés. A ce moment là, je n’ai pu m’empêcher de penser à Orange Mécanique, le roman d’anticipation ou de contre-utopie d’Anthony Burgess, magistralement porté à l’écran par Stanley Kubrick en 1971.
Orange mécanique c’est l’histoire d’un antihéros, Alex, qui retrace ses exploits de délinquants (passage à tabac d’un SDF, baston entre gang, alcool, viols, vol etc.) jusqu’à son arrestation et incarcération. Afin de pouvoir sortir plus vite de prison, il se porte volontaire pour suivre un traitement médical qui le conditionne à renoncer à tout désir de violence. Mais à sa libération, on assiste à un renversement de situation, car il se retrouve désarmé et victime face à la violence symbolique et physique de ses anciennes victimes.
L’œuvre d’Anthony Burgess, loin d’être une ode à la violence comme on l’accusait de l’être à la sortie du film (Kubrick avait pris quelques libertés avec le livre qui selon moi change la lecture de l’œuvre), est une réflexion sur l'origine et l'expression de la violence symbolique et physique, individuelle et collective, privée et d’Etat. La récupération politique des actes de délinquances, partie intégrante de la seconde partie de l’histoire, est quand même d’actualité. Je pense d’ailleurs qu’une nouvelle adaptation cinématographique de l’œuvre est possible voir souhaitable.
De fait notre façon de penser la violence, qui peut se manifester par la délinquance juvénile, sexuelle, etc., et la manière dont on entend la traiter, est très révélateur des valeurs d’une société et de son niveau de maturité civilisationnelle. Il me semble que c’est Michel Foucault qui a montré que la violence (monopole d’Etat) tendait avec le temps à « s’adoucir » (il renonce à son droit de vie et de mort sur ses sujets) et à être circonscrite dans un espace toujours plus éloigné du grand public.
La pédophilie est un acte détestable et le désir de justice des victimes et des familles est on ne peut plus normal. Mais dans ces affaires là il me semble que la justice ne peut amener réparation, et que les victimes doivent apprendre à se reconstruire que la justice soit rendue ou non. Cela prend du temps et c’est quelque chose de personnel, je suppose. Bien sur une condamnation de justice participe, j’imagine là aussi, à ce processus de reconstruction, mais ce n’est pas une condition suffisante. Je crois que les pouvoirs publics sont impuissants face à ce phénomène car il est difficile à s’adapter à l’identité de chacun.
La réponse au problème de pédophilie ne peut pas être pénale et médicale. Il me semble que la confusion des genres est une atteinte aux droits. C’est une double condamnation : on purge sa peine et on est à nouveau condamné pour quelque chose qu’on est censé avoir payé. Un lecteur du Monde sur un article traitant de ces questions avait posé le problème avec, me semble-t-il, intelligence. Soit la pédophilie est un acte de délinquance, auquel cas la réponse pénale est adéquate et on peut imaginer alourdir la peine. Soit la pédophilie est une maladie auquel cas le traitement médical, la castration chimique par exemple, sur une durée longue et dans un établissement particulier, serait plus judicieux.
Ce ne sont là que des réflexions générales et je ne revendique pas avoir compris tout les tenants et aboutissants d’un problème assez grave, ni d’avoir les solutions miracles. Il est clair que le fait d’adopter l’une ou l’autre de ces approches entraine un nouveau débat sur les définitions puis les moyens d’y répondre.
13:50 Publié dans Réflexion du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : kubrick
29 septembre 2009
Suis-je cynique et désabusé ?
Je ne peux m’empêcher de me poser ce genre de questions. On ne se refait pas, je fonctionne comme ça, je crois. A un moment donné dans mon quotidien, je ressens toujours le besoin de sortir le nez du guidon et de m’interroger sur le sens des choses, celui des propos et des actes des autres à mon égard ou en en général, celui que j’assigne à ma propre parole et à mes propres actions au regard de certains principes ou des objectifs fixés ou latents, sur la façon dont ils peuvent perçus par les autres etc.
Signe d’hypersensibilité ? D’un manque de confiance en soi ? D’un manque de confiance envers les autres ? Sans doute il y a de tout cela dans ma démarche cognitive. Je crois surtout que c’est parce que je me sais par moments complètement indifférent aux évolutions du monde et aux situations des gens, prétentieux et pleins de certitudes, trop confiant dans les autres au point de trop m’exposer et de leur donner plus que ce qu’ils ne semblent prêt à donner (approche très individualiste je reconnais), que j’éprouve ce besoin d’avoir du recul. C’est une sorte de réflexe, de besoin d’équilibre entre deux attitudes « extrêmes ».
La question du cynisme et de la désillusion concerne en fait mon engagement politique.
En effet, je me suis rendu compte, au fil de quelques discussions entre amis, que je n’étais pas très clair sur le pourquoi de mon adhésion et de ma présence au PS. Envie de matérialiser des idéaux ? Je pense que j’ai plus de principes que d’idéaux (j’en revendique quand même !), ma formation en sciences politiques m’ayant ôté mes grandes illusions. Je sais en outre que les politiques menées par mon parti sont parfois bien loin des idéaux affichés. Envie d’être élu ? Je suis trop introverti et trop frileux pour cela. Plan de carrière ? Bof, avoir sa carte aide marginalement à décrocher un job dans les ministères ou dans les collectivités, sauf à constituer et entretenir un réseau et revendiquer une compétence, ce que je ne fais pas.
Par ailleurs, j’ai pris conscience que j’avais coutume de parler du PS à des gens extérieurs (amis ou parents) dans des termes peu positifs*. Loin de rejoindre la position de certains « camarades » (royalistes notamment), ou d’observateurs (un peu) politisé, qui consiste à taper sur telle personne, tel courant, voir la direction pour mieux mettre en valeur mon candidat, mon courant (je n’en ais pas), je dessine en fait, dans les grandes lignes, le fonctionnement interne du PS. J’adopte le principe du « parler vrai » non pas pour décourager les gens de voter ou venir au PS, mais pour leur présenter la « société des socialistes » telle que je la vois. Mais sans nécessairement juger sur le plan moral ou de l’éthique. Les personnes importent moins que leurs contributions au fonctionnement structurel du système. Or ce faisant, je peux donner l’impression d’être amoral, cynique, « pourrie », ceci d’autant plus que je n’ai pas émis d’avis sur le livre récent sur le congrès de Reims (que je n’ai pas lu mais dont l’hypothèse centrale interroge).
Je pense que ma philosophie, mon approche, est résumé dans le commentaire suivant que j’ai posté sur le blog de Moscovici à l’adresse d’un (ex-)militant :
« Le PS, comme toutes les organisations sociales, est un champ de luttes. Oui, il y a une tendance oligarchique (démontrée par Robert Mitchels) et bureaucratique (le propre d'une institution qui prend de la bouteille et qui s'installe durablement). Oui, on s'y bat pour des places. Oui, il y a des rapports de forces. Oui, il y a un système de réseau. Oui c'est décourageant, quand on est non-initié et un peu idéaliste... Les partis comme machines à produire de la déception. Mais c'est la vie, on retrouve ça partout ! Soit on accepte cet état de fait et on se bat à sa manière et à son niveau pour le changer. Soit on tire sa révérence parce qu'on ne veut pas se compromettre mais en sachant qu'on retrouvera cela à peu près partout. »
Partir d’un constant lucide pour tenter d’arranger cela, lorsque c’est possible, à son humble niveau, en gardant à l’esprit ses principes et ses idéaux. Telle est en tout cas ma ligne de conduite, auprès de mon secrétaire de section, dans mon « militantisme » local. Après, c’est une question de temps et de courage… Alors cynique et désabusé ? Non, mais optimiste raisonné oui J.
* Néanmoins, je n’écarte pas non plus ce que je crois être les bons aspects du PS.
20:25 Publié dans Réflexion du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps
06 août 2009
Souvenirs d'enfance
La maison de mes oncles dans les Pyrénées est à mes yeux la caverne d’Ali Baba des souvenirs. Je connais ce lieu depuis tout petit. J’y ais passé, outre de nombreux weekends lorsque nous habitions dans les Landes à deux heures de là, un an de ma scolarité, une bonne partie des mes vacances d’hiver puis d’été. Et, avec tous mes déménagements en France et à l’étranger, cette maison est un peu ma demeure et mes oncles, mes seconds parents.
Dans cette maison, il y a un grenier aménagé avec un coin lits et un autre bureau, salon, salle de jeu. Ce fut longtemps mon repère de jeux. Je m’y suis d’abord amusé avec les jouets de mon cousin (légo, stroumph, GI Joe, cow boy, trains etc), puis avec sa SEGA, et plus tard j’y ai regardé de nombreux films. Ce fut aussi la chambre des jeunes lorsque nous nous retrouvions entre cousins/cousines.
Longtemps lieu de vie, cette pièce est aujourd’hui inoccupée, sauf à quelques occasions près lorsque mes oncles reçoivent du monde. Depuis mon enfance, peu de choses ont changés. Rien ou presque n’a été jeté. La disparition de ma cousine à ses 17 a comme arreté le temps dans une partie de la maison. Le dueil est l'affaire de toute une vie... .Au grenier, j’y retrouve encore les jouets de mon cousin aujourd’hui trentenaire, sa SEGA - un peu poussiéreuse mais qui fonctionne toujours – ses livres, ses cahiers, ses cassettes vidéos. Sur les murs, les cartes postales de ma cousine sont toujours accrochées.
Cette pièce est chargée de souvenirs et d’émotions partagées. C’est aussi un lieu que j’ai longtemps craint. En effet, lorsque j’étais seul le soir, le silence m’oppressait et le noir de certaines parties du grenier m’inquiétait. Je craignais qu’un monstre ne sorte de là. J’allumais alors toutes les lumières et je mettais la télé pour avoir du son. La confiance revenait ainsi.
J’explique cette peur pour partie par un de mes cauchemars d’enfance, dans lequel je me retrouvais enfermé au grenier – alors qu’il n’y a pas de porte en vraie – et mangé par le canapé qui se transformait en bouche géante. Certains films de mon cousin – « ça » – ont du hanter mon imaginaire d’enfant. Mais il avait aussi des albums aux images terrifiantes. L’une d’elle est restée gravé dans ma mémoire.
Je n’ai pas retrouvé l’album au grenier mais je trouvé l’image, quoi que laborieusement, sur Internet en recherchant les pochettes du groupe Iron Maiden. En fait je n’étais pas sur du groupe. C’est drôle de voir qu’après quelques années, à un ou deux détails près, le souvenir de cette image était conforme au dessin. Le détail étant, pour l’anecdote, que j’étais persuadé que le squelette enfonçait son bras dans le ventre du gars, et que ce dernier marchait dans une grotte, et non dans un cimetière.
Maintenant, je repense à cette crainte avec le sourire et clôt cette affaire en écoutant l’album d’Iron Maiden, « No Pryer for the Dying ». Et j’adore l’album ;-)
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06 juillet 2009
Entre-deux

Mais où allons nous ? Vers la lumière ou bien vers l'obscurité ?
En attendant l'entre-deux.
Le théatre des ombres, la caverne de Platon.
Il est difficile en ce moment de penser l'avenir avec optimisme.
. . .
L'horizon s'est éclairci un temps. Le brouillard est de retour.
Muad'Dib a perdu le pouvoir de préscience. Il est aveugle.
21:59 Publié dans Réflexion du jour | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15 mai 2009
Lettre à un ami en détresse
Cher G.
La vie est une arborescence des possibles, un ensemble de chemins qu’on choisit plus ou moins d’emprunter. Sur ces chemins, on fait une série de rencontres, plus ou moins intenses, plus ou moins durables. Parfois, un peu plus loin sur le sentier dorée, on retrouve certaines de ces rencontres, et parfois non. L’amour et l’amitié sont les deux plus belles choses qu’une personne puisse te donner. Mais je sais aussi que le temps et la distance sont les deux grands ennemis de toute relation.
Cela fait six ans que nous ne nous sommes pas parlé ou écrit. Depuis notre dernière conversation téléphonique en 2003, à l’occasion de ton anniversaire, le silence s’est imposé. Un peu comme si chacun de nous avait souhaité tourner la page d’une époque, avec en tête peut être, cette phrase cinglante que j’ai entendu une fois: « Djibouti est une parenthèse dans la vie ». Toutes ces années durant, les seules nouvelles de toi me venaient de nos parents qui eux, ont su garder contact à leurs retours en France.
J’ai donc appris que tu avais pu réaliser ton souhait le plus cher - intégrer la marine nationale - et perpétuer ainsi une certaine tradition familiale, ton père et ton frère étant eux même dans la marine. Je me réjouissais alors d’apprendre que tu avais trouvé ta voie, et plus encore la stabilité et l’équilibre intérieur auquel tu aspirais tant lorsque nous nous sommes connus. Je n’imaginais pas que tu pourrais un jour tenter de mettre fin à tes jours…
En apprenant cette triste nouvelle, bien des souvenirs me sont revenus. D’abord cette abominable lettre que je t’ai écrite et dans laquelle j’ai fait ce qu’aucun ami ne doit faire, à savoir te juger. Mais il y a surtout ces souvenirs mémorables de notre amitié passé à Djibouti. Tu n’imagines pas combien ton amitié m’a apporté, ni à quel point ta présence a rendu plus facile la deuxième année de mon séjour en Afrique. Si tu souviens bien, Monsieur J. avait dit un jour « Dans la vie, on se fait rarement de vrais amis » : je te compte parmi ceux là, en dépit de nos chemins séparés et du temps qui a passé. Pas une année ne s’est écoulé depuis mon départ sans que je regrette que nous n’ayons pas gardé contact.
Au départ, lorsque tu as emménagé dans notre immeuble, nous n’avions pas d’atomes crochu : tu étais sportif (et footeux), moi pas, nous n’avions pas les mêmes gouts musicaux, j’aimais les jeux d’ordinateur, toi non, bref…nous venions d’horizons différents. Pourtant très vite, nous sommes devenus inséparables : nous allions au lycée en vélo ensemble, nous avions des cours particuliers d’anglais ensemble (avec cette chère Leslie), on allait mangeait aux petits restos du coin (ah les fameux jus de fruits…), on a fêté Noel ensemble, on a fait quelques sorties en bateaux ensemble (les 7 frères, Musha), on jouait à la pétanque ensemble, on est parti en Ethiopie ensemble avec tes parents etc. Je me souviens de nos interminables discussions le soir quand je montais chez toi, sur ton balcon, ou quand tu venais fumer sur ma terrasse, au ré de chaussé ou à coté de la cabane du Shoof.
On se confiait nos doutes, nos craintes, nos espoirs. On discutait de tant de choses, des filles, de nos ami(e)s lycéen(ne)s, de politique, du futur etc. Depuis Djibouti, je n’ai jamais retrouvé cette complicité avec d’autres amis. C’est peut être une chimère, une quête improbable ? Un refus de ma part de faire le deuil d’une époque révolue et d’accepter le passage à l’âge adulte? Je ne saurais dire… Je crois toutefois que chaque relation est spécifique et unique. L’amitié qui nous a unis a compté dans ma vie.
Tu es quelqu’un de bien G. La vie n’est pas facile et les épreuves sont nombreuses. On peut difficilement traverser le sentier doré seul. N’hésites pas à faire appel à tes amis, aussi vieux et éloignés soient-ils… J’espère que tu te remettras très vite de cette mauvaise passe. Je te souhaite pleins de bonnes choses.
Ton ami.
P.
21:52 Publié dans Réflexion du jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04 avril 2009
L’horizon s’éclaircie
Après quelques mois de petite déprime, l'horizon semble s'éclaircir et l'âme s'alléger de sombres pensées Les premiers mois de l'année 2009 ont été difficiles pour moi : des vacances de Noël qui n'en étaient pas, passées à préparer les examens du premier semestre ; une tentative malheureuse du permis qui impliquait de nouveaux frais ; une préparation tardive et superficielle pour mes premiers concours ; une reprise des cours sans enthousiasme... bref, une période sans énergie, sans convictions, sans perspectives.
A tel point qu'en février, alors que j'avais le choix entre monter sur Paris pour y revoir des amis (réalisant ainsi ma promesse maintes fois répétée de venir leur rendre visite), partir skier aux Pyrénées, aller dans les Landes chez mon amie Selene ou encore passer à Metz voir mon ami Laurent, j'ai finalement préféré venir donner un coup de main à mes parents qui refaisaient leur salon. On a détapissé, enduit et travailler les murs puis impression et peinture à chaux. Un vrai changement d'activité :)
Maintenant je suis dans une autre dynamique. J'ai suis admissible à l'oral pour un des concours (j'attends le résultat de l'autre), ce qui m'a conforté sur mes capacités et ma formation universitaire. Je passe l'oral en mai, où je rencontrerai notre ami Belgo, et si je suis admis au final, j'irai passer deux ans chez les chtis. Depuis, avec un de mes collègues, nous nous sommes mis la pression et nous nous motivons mutuellement pour préparer plus sérieusement les concours avec un objectif commun : l'e. n. a.
C'est un peu prétentieux, encore que j'ai conscience de mes lacunes, mais cette ambition est stimulante. Et maintenant que j'ai le permis, je sens comme un soulagement et une envie de liberté et de niaque.
Pourvu que ça dure...
20:59 Publié dans Réflexion du jour | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
10 février 2009
S'engager aujourd'hui
Ce mois ci, cela va faire deux ans que j’ai rejoint le Parti Socialiste français. Certes, au regard d’un certain nombre de camarades de section qui affichent pas moins de trente ans de militantisme au compteur, mon expérience fait pâle figure. Il est évident que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir. Pourtant, à l’heure où le militantisme tend à se résumer de plus en plus à une adhésion furtive et une consommation compulsive (j’aime, j’adhère/ j’aime pas, je me casse), j’ai le sentiment que passer le cap des deux ans, ça relève presque de l’exploit aujourd’hui.
Entreprendre cette démarche d’adhésion à un parti politique n’est pas chose facile. Elle ne va pas de soi dans nos sociétés modernes, où l’individualisme et la méfiance portés aux institutions collectives (parti politiques, syndicats, et même le tissu associatif) fragilisent l’engagement dans les causes collectives. Sur ce point le gaullisme, le stalinisme et le paternalisme social ont largement participés à entretenir cette culture politique anti-partisane et anti-syndicaliste, comme la « bureaucratisation » observée à toute organisation qui s’institutionnalise. Aussi décider de s’engager et franchir le pas est un acte qui coûte.
Il coûte parce qu’il faut se battre contre trois regards. D’abord se battre contre le regard qu’on porte soi même sur les organisations collectives, cette crainte continuelle d’être endoctriner et/ou de se faire manipuler. C’est là un travail sur soi même, et sur ses représentations mentales. Ensuite se battre contre le regard des autres, celui qui exprime autant cette méfiance sur les organisations collectives que sur les gens qui les peuplent jugés partisans, donc corporatiste, donc pas « objectif ». Enfin, et c’est là une difficulté supplémentaire, il faut savoir affronter le regard de gens qu’on vient justement rejoindre. Ces derniers, imprégnés de la culture de l’institution (soit l’ensemble de pratiques et de croyances), voient avec circonspection et méfiance ces petits nouveaux justement non initiés aux pratiques et codes de languages admis. A bien des égards, l'engagement est un rituel d'initiation. Par ailleurs, lorsqu’on s’engage il faut savoir que cela coûte financièrement (cotisation, voiture pour déplacement, repas, apéros) et en terme de temps investis.
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Le moins que je puisse dire c’est que j’ai mis du temps à rejoindre le plus vieux parti de France. Pourtant mon intérêt pour la politique est ancien. C’est d’abord par l’apprentissage de l’histoire et des sciences économiques et sociales – qu’on voudrait d’ailleurs aujourd’hui supprimer – que j’ai compris que la politique, c'est-à-dire le processus de décision publique, avait, quelque soit le champ qu’il occupe (l’économie, la santé, l’éducation etc), des conséquences sérieuses dans nos vies quotidiennes. C’est ensuite, je crois, mon séjour à Djibouti qui a marqué l’éveil de ma conscience politique. La découverte du tiers-monde, et plus précisément d’une société partagée entre ses traditions et les conditions matérielles de l’Occident, m’ont appris à m'interroger sur certaines choses, comme à en relativiser d'autres. Mais les inégalités sociales de cette République bananière, véritable dictature déguisée, liant la problématique économique et politique, m'ont conduit à épouser une lecture marxiste du monde moderne. Mes compagnons de classe m'appelaient "little bolcho"... Mais autant je considérais la logique révolutionnaire comme moyen de conquête du pouvoir, autant la logique réformiste commandait l’exercice du pouvoir (via les coopératives, les conventions collectives progressistes, et des nationalisations décentralisées).
En fait, c’est principalement la découverte du blog de Dominique Strauss-Kahn qui m’a rapproché du Parti Socialiste. Les analyses et commentaires de l’actualité que faisait l’ancien ministre de l’économie du gouvernement Jospin sur son blog m’ont convaincu de la justesse et de toute l’actualité de la social-démocratie, courant de pensée qu’on dit facilement dépassé. La lecture d’un certain nombre d’ouvrages de Michel Rocard m’a conforté dans une lecture politique très « deuxième gauche ». Ma formation académique, centrée sur l’économie et la sociologie politique, m’a familiarisé aussi avec ce courant d’idées. Mais c’est bien le contact, certes virtuel mais quasi-quotidient, avec un certain nombre de militants, pas forcément encartés depuis des lustres d'ailleurs, qui m’a fait franchir le pas et rejoindre le Parti socialiste. J'ai eu d'ailleurs grand plaisir à en rencontrer certains dans la vie réelle.
Comme c’est par internet que je me suis ré-intéressé à la politique, c’est pas ce biais, que j’ai adhéré au PS. Je fais donc partie de ces militants à 20 euros. J’ai adhéré en février 2007, alors que j’étais en mobilité académique à Barcelone, après avoir, non sans mal c’est vrai, dépassé les réserves que j’éprouvais pour la candidate du parti. J’ai fait la connaissance de ma première section socialiste qui réunissait à Barcelone une douzaine de récents militants socialistes. Avec les moyens et difficultés qui étaient les nôtres, nous avons fait campagne. C’était une ambiance tout à fait conviviale et la campagne n’empêchait pas des débats animés et réguliers.
Puis la gauche a perdu les élections présidentielles et législatives. Et, entre l’ouverture opérée par le sarkozysme triomphant post-victoire et le débat douloureux (et sans fin) sur la responsabilité des uns et des autres dans les deux défaites électorales, le PS a traversé une longue période de turbulence qui correspondait aussi à la bataille pour la succession de François Hollande, premier secrétaire du parti depuis 11 ans. Nommé au FMI, DSK a fermé son blog, laissant sans repères ses partisans, dont je suis, et sans espace de discussion quelques centaines d’intervenants irréguliers.
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C’est à partir de mon retour en France durant l’été 2007 que j’ai déchanté un peu sur le militantisme. J’ai été transféré de ma section de Barcelone à celle de ma commune, via les fédérations, dont la première réunion, mi octobre, correspondra à la présentation des candidats à la candidature socialiste pour les municipales de 2008. Je découvre alors une section vieillissante, démobilisée et surtout divisé par des animosités personnelles qui paralysent le tout et qui rejoignent qu’occasionnellement la division née des courants du parti. Le lendemain, on désigne alors le premier de socialistes, mais je me vois refusé le droit de voter par l’un des candidats sous prétexte que je n’ai pas ma carte d’électeur, même si je reste persuadé que c’est parce qu’il m’a vu discuter avec l’autre candidat la veille (que je connaissais pas). M’apprêtant à voter blanc je n’insiste pas et joue le simplet.
La candidat qui m’a refusé le droit de voter perd le vote des militants et fera campagne au sein d’un collectif citoyen, avec des communistes et quelques personnes de la société civile, et contre son parti. Le candidat vainqueur, GF, veut que je l’aide dans la campagne municipale et que j’intègre la liste. Par respect du vote du parti et extérieur à toutes ces histoires personnelles, je décide de le soutenir tout en me refusant d’intégrer la liste (c’est là un autre niveau d’engagement auquel je n’ai pas pu me résoudre). La section ne se réunissant pas, GF sera durant ces quelques mois ma seule relation avec elle. En dépit d’une hospitalité certaine, j’irai souvent chez lui me tenir au courant des avancées, je mesure au fur et à mesure les limites du personnage : désigné par défaut par ses camarades ceux-ci ne se pressent pas pour composer la liste et faire campagne ; têtu comme une mule, il ne cherchera pas à faire l’union avec le collectif (qui finiront par présenter leur liste) ; enfin il n’a montré aucune capacité d’analyses ou de synthèses (lors de nos réunions) et n’a pas le contact humain facile.
La campagne sera un désastre. La composition de la liste sera tardive et laborieuse, les réunions de travail interminables et pas toujours fructueuses. Et surtout les décisions arrêtées collectivement ne seront pas forcément respectées. A cela, il faut ajouter les susceptibilités égocentriques des uns et des autres. La dimension humaine tout simplement. Un meeting sera organisé mais l’absence de public n’inquiéta personne, pire ça en soulagera certains. En résumé, ce fut une campagne de bureaux et précipitée. J’en prends ma part de responsabilité. Le verdict sera sans appel : le maire ump sera élu dès le premier tour. Mais si la campagne fut mal gérée, l’après sera encore pire. Car GF, comme on peut tous un peu l’être, est susceptible et n’acceptera pas les critiques a posteriori. Et en dépit d’une promesse de fonder une association pour rassembler les gens de la liste afin de garder le contact et travailler déjà pour la suite, rien ne sera fait, insultant par ce fait ces rares et délicieuses personnes qui ont osés s’engager.
Sans nos quatre élus, l’association sera bel et bien crée, après un repas rassemblant une grande majorité des colistiers. A l’occasion de l’élection du conseil d’administration, au cours d’un autre repas, je me porterai candidat au poste de secrétaire (ni président, ni trésorier) et ne récolterait qu’une voix… la mienne! L’exemple typique de ces gros moments de solitude. J’ignorai simplement l’accord officieux qui prévoyait ce poste à une certaine personne. Mais bon prince, ils créeront et m’accorderont le poste de secrétaire adjoint. Un an après, la relation avec nos élus s’est un peu améliorée mais les deux seuls représentants du PS refusent de nous reconnaitre. Aujourd'hui l'association n'avance pas., les gens ne semblant pas vouloir s'investir. L'argent nous manque. GF, dans sa haine contre le collectif, préférera s’entendre avec le maire pour obtenir quelques commissions que réellement s’opposer. Ni remerciement des électeurs, ni compte rendu régulier. Le mépris total.
Et puis il y a eu le 75ème congrès du parti, au cours duquel les militants sont appelés à renouvelés toutes les instances : sections, fédérations et conseil national. J’en ais fait des notes là, là et là. Je suis très content de la victoire de Martine Aubry et du travail entrepris depuis deux mois. Certes, il y a des choses à améliorer (la réactivité, la cohésion, la coordination) mais le PS semble enfin en marche. Au niveau local, nous avons enfin changés de secrétaire de section. Le précédent, partisan de Royal, n’ayant pas souhaité se représenter, et en l’absence de candidatures concurrentes, c’est un camarade d’origine grecque et soutenant la motion C, qui a été désigné secrétaire de section. Fort de son expérience au sein du PASOK comme au sein du PS, il s’est donné l’objectif de recoller les morceaux et de remettre la section en ordre de marche. Son soucie d’une représentativité totale de chaque courant (et « clan ») l’a conduit à proposer, pour la composition de la commission administrative, des postes à chaque motion, en fonction du résultat de celles-ci au niveau local. Ca n’a pas été forcément bien compris et un clan, celui du candidat malheureux en interne, n’a pas souhaité jouer le jeu. En tout cas, son souci d’un travail régulier et de procédures délibératives collectives à la fois claires et ouvertes, change radicalement avec les pratiques d’avant. Je suis désormais secrétaire adjoint en charge de la communication internet.
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Ces deux années, au grès de mes rencontres – virtuelles ou réelles – et de mes lectures, je pense avoir appris sur moi-même et sur les autres. J’ai eu cette chance de rencontrer des gens qui m’ont beaucoup appris, de par leurs expériences rapportées ou par leurs réflexions. Je pense ici à tous mes camarades et amis du net. J’ai pu mieux saisir le comportement humain en groupe : les problèmes de communication et de partage de sens peuvent très vite mettre à mal la cohésion et le fonctionnement du groupe. Et quand il y a des intérêts personnels et des ambitions derrières, ça complique d’avantage le vivre-ensemble. Plusieurs logiques se superposent, coexistent et s’entretiennent entre elles.
Je me rends compte qu’il est difficile de faire travailler une section quand vous êtes vu comme un étranger, jeune qui plus est, ou quand les membres ont perdu l’habitude de faire quelque chose en commun. Les différences de niveaux de formation peuvent créer de la méfiance et une certaine mésentente. Enfin le facteur démographique, le PS a une base militante de plus en plus âgée, révèle aussi les différences de préoccupation (certains pensent à leurs retraites quand moi j’ai pas encore commencé à bosser). Mais si beaucoup ont perdus la motivation et l’intérêt des réunions de section, rédaction et diffusion de tracts (exercice nouveau pour moi), ils n’en ont pas moins une mémoire militante que le PS est en train de perdre sans se rendre compte la richesse qu’elle représente. Mais j’ai bien peur que ce soit là quelque chose de recherché.
Je ne suis pas un militant modèle. Je doute régulièrement sur la durabilité future de mon engagement comme de mon apport réel, à mon modeste niveau, dans un parti où l’on se haït beaucoup. C’est par respect pour les luttes et combats passés que je garde à l’esprit l’importance de l’engagement. Et puis un bon ami m’a dit un jour, approximativement, que « le PS de demain c’est ce que vous les jeunes décidez d’en faire aujourd’hui ».
20:50 Publié dans Réflexion du jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, dsk, rocard, royal, espagne, communisme





