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15 avril 2010

La société est ainsi

 

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La société est ainsi :

Le pauvre travaille

Le riche l’exploite

Le soldat défend les deux

Le contribuable paye pour les trois

L’oisif se repose pour les quatre

L’ivrogne boit pour les cinq

Le banquier berne les six

L’avocat escroque les sept

Le médecin tue les huit

Le fossoyeur enterre les neufs

Le politique vie des dix

22:52 Publié dans Réflexion du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humour

17 mars 2010

La banalité du Mal

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Jusqu'où va la télé ?

"Les dérives de la téléréalité sont inquiétantes. Violences, tortures, humiliations dominent les programmes dans le monde entier. La télévision détient-elle un pouvoir spécial ? Dans les années 60, une expérience psychosociale prouvait que 62 % des individus administraient des chocs électriques extrêmes en obéissant aux ordres d'un scientifique. L'équipe de Christophe Nick a transposé cette expérience à l'univers des jeux télévisés, avec un jeu aux règles abjectes, où il est question d'infliger des chocs électriques à un inconnu, en étant dirigés par Tania Young. Qui va se soumettre ?" France 2

17 janvier 2010

Famille et dépendance

L'amélioration de nos conditions matérielle de vie, les progrès réalisés en matière de santé et de soins du corps, l'enrichissement de notre alimentation... conduisent années après années à l'augmentation de l'espérance de vie des hommes et des femmes. Ce faisant, est apparu un nouvel âge, nouvelle étape de la vie humaine après l'enfance, la vie active et la retraite, le quatrième âge.

Un des intérêts de l'amélioration de notre espérance de vie est la possibilité offerte aux plus jeunes de connaitre leurs grands parents, ou parfois même ses arrières grands parents, et plus encore de vivre un temps avec eux. Mais on n'a pas tous la chance de les connaitre. Personnellement, je n'ai pas quasiment pas connu mes deux grands pères. L'un est mort deux mois après ma naissance, justement provoquée afin qu'il puisse me voir avant de s'éteindre, l'autre est parti deux, trois ans après.

Mes deux grands-mères ont aujourd'hui quatre-vingt ans et quelques printemps. L'une d'elle a toujours vécue en Espagne à l'exception de quelques semaines en France. L'autre a travaillée une vingtaine année en France, puis est repartie en Espagne après le décès de mon grand-père, avant de revenir en France il y a une dizaine d'année. Avec la distance géographique qui nous séparait, je ne les voyais pas plus de quelques semaines par an. Un peu les vacances de Noel, plus longuement l'été.

C'est étrange parce que je n'ai pas totalement la même relation avec l'une et l'autre. Je suis plus proche de ma grand-mère maternelle alors que la langue a longtemps été, et l'est encore par moment, un blocage entre nous. A l'inverse, la langue pose moins de problème avec l'autre grand-mère, mais avec le nombre de petits-enfants qu'elle, les préférences qu'elle affiche inconsciemment entre ces derniers, et une certaine retenue dans ses émotions, on a moins d'affinité.

Il n'empêche que j'ai une affection certaine pour les deux. Il faut dire que dans l'ensemble, nous avons un esprit très famille chez nous. Tant du coté de la famille de mon père comme de celle ma mère. Deux familles nombreuses, ceci expliquant surement cela. Ce qui n'interdit pas au passage, bien au contraire, d'avoir quelques histoires de familles, comme dans toutes les familles.

Mais le problème de l'émergence du quatrième âge, c'est la gestion de la dépendance des personnes âgées, par la société en général et les familles en particulier. Pour avoir effectués des travaux dans quelques maisons de retraites, j'ai pu observer, malgré les traitements et le bon personnel de ces institutions, la solitude et la dégénérescence de nos anciens. Ces établissements sont comme des mouroirs.

Notre esprit très famille, doublée d'une certaine tradition espagnole de la famille (*), fait que mes oncles et tantes et mes parents ont refusés, d'un coté comme de l'autre, de placer mes grands-mères dans une maison de retraite ou établissement médicalisé. Du coté de ma mère, les 4 frères et sœurs se partagent Mamie trois mois chacun. Du coté de mon père, c'est un peu plus compliqué, ma grand-mère restant chez sa plus jeune fille durant l'année, et chez la fille ainée, durant l'été.

Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, si les grand-mères, avançant dans l'âge, ne devenaient pas de plus en plus dépendante. L'une a eu des problèmes au cœur ces derniers mois, faisant 3 allés-retours à l'hôpital, et a subi en conséquence une opération qui la laissera fragile jusqu'à la fin. L'autre a une maladie au foie mais ce sont ses jambes qui l'affaiblissement et l'handicapent. Elle a déjà fait quelques chutes.

Mais outre leurs problèmes de santé qui obligent mes parents ou oncles et tantes à un maximum d'attention et de soin à leur égard, les grands-mères tendant à devenir acariâtres, amères et égocentriques. Et c'est très difficile psychologiquement pour mes parents et oncles et tantes de gérer cela. En dépit de tous les efforts et l'attention possible à leurs égards, il y a toujours un reproche à la clé. Difficile de voir ses parents dépérir et devenir de plus en plus dépendants de soi.

La génération de mes parents doit encore s'occuper de nous, jusqu'à notre indépendance totale, et d'elle même aussi ! C'est la  « génération sandwich » comme dit ma mère. Mes deux familles n'ont pas vraiment les moyens de payer un établissement adapté aux grands-mères (elles mêmes n'ont guère de gros revenus). Et puis sur le principe même, dans l'ensemble ils s'y refusent : elles se laisseraient mourir... .

J'avais lu dans un article que la façon dont on voyait nos parents gérer la fin de vie puis la mort de leurs propres parents, influençait grandement notre façon de gérer la leur à l'avenir. Mes parents m'ont racontés avoir vu leurs grands-mères respectives (au moins une) finir leurs jours chez eux. C'était comme ça à l'époque. Paradoxalement, mes parents et mes oncles/et tantes ne se font aucunes illusions sur nous pour les prendre en charge le moment venu.

Bien entendu, aujourd'hui, la question ne se pose pas. Mais je suis bien incapable de répondre spontanément, par l'affirmative, à cette problématique. D'abord parce que nous sommes deux, ma sœur et moi. Ensuite, j'ignore où je serai à ce moment là : dans la même ville ? la même région ? dans un autre pays ? sur un autre continent ? Enfin, ça dépendra aussi de la personne avec qui je partagerai ma vie. Peut être qu'elle ne voudra s'occuper ni de ses parents, ni des miens... C'est aussi un choix de couple au final.

Je me dis alors qu'il est fort possible qu'avec la génération de mes parents, disparaissent une certaine tradition. Une certaine conception de la famille aussi. Il faut dire qu'à l'ère du salariat féminin, de la mobilité professionnelle et autre, et des loisirs et du temps libre, on est moins enclin à se fixer pour s'occuper des parents. Quand je pense à une cousine de ma mère qui s'est occupée pendant au moins vingt ans de sa mère, paralysée, qui est décédée à 103 ans... j'éprouve à la fois du respect et un certain malaise.

Me vient alors une sombre mais plausible perspective : dans l'avenir, l'individualisme de nos sociétés et le culte du temps libre/de loisirs pourrait nous amener à ouvrir la voie à une légalisation de l'euthanasie, sous une forme non-médicale. Mais on entre ici dans l'anticipation typique de la science-fiction...


(*) Plus jeune, ma grand-mère paternelle avait attribué un rôle à ses deux filles, mes tantes donc. La première, deuxième de la fratrie, devait surveiller les petits pendant qu'elle irait travailler. La seconde, la toute dernière, devant s'occuper d'elle et du grand-père, une fois vieux.

17 décembre 2009

Entre-deux, entre soi.

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*

Entre le battement et l'épuisement, un cœur en débat.

Entre le souvenir et l'oubli, une mémoire en question.

Entre l'éphémère et la durée, un instant vécue.

*

Entre l'examen et le résultat, une attente prolongée.

Entre le projet et le retard, un contretemps survenu.

Entre Barcelone et Madrid, un possible à saisir.

*

Entre le bonheur et la tristesse, une émotion exprimée.

Entre l'espérance et la désillusion, une âme en quête de sens.

Entre la pensée et le mot, le portail du silence à franchir.

...

23 novembre 2009

Parti bien jeune…

On ne prête pas toujours attention aux faits divers de nos canards locaux. Je n'ai pas l'habitude de les lire. L'appellation même de cette rubrique suggère d'ailleurs que les évènements qui y sont rapportés sont peu importants, d'une certaine banalité, tant ils font partie des aléas de la vie.

Quand on y apprend le décès d'une connaissance, on voit alors les choses différemment. Cédric S., 18 ans, s'en est ainsi allé. Un stupide accident de voiture. Le conducteur du véhicule où il siégeait en passager arrière, a cherché à éviter deux chiens qui se baladaient sur la route. Un autre véhicule, peut être, se trouver en face.

Le gamin avait travaillé comme apprenti pendant deux ans dans l'entreprise de peinture de mon oncle. Il l'avait quitté fin juillet, à la fin de son contrat, pour rentrer dans l'armée de terre. Pour être franc, son départ était vécu comme un soulagement. D'abord la crise économique a vu ralentir l'activité dans le bâtiment et il n'est pas possible de mettre fin par anticipation les contrats d'apprentissage. Ensuite, et surtout, c'était un incorrigible étourdie.

Ah le bougre ! Il en faisait voir de toutes les couleurs à mon oncle-chef d'équipe, pourtant d'une grande patience et d'une gentillesse qui lui est parfois reproché. Il oubliait la gamelle du midi, il perdait du matériel, il arrivait parfois en retard au boulot à cause de sa moto voir ne venait pas de la journée. Il multipliait les gaffes, écoutant les consignes de mon oncle pour les oublier cinq minutes après. Et bien sur, il justifiait toujours ses bourdes par une cause extérieure...

Forcément, les autres gars de l'entreprise se moquaient facilement de lui. C'était presque un petit jeu : quelle connerie va-t-il encore faire aujourd'hui ? Les quelques fois que je l'ai croisé, je rigolais de l'air désespéré de mon oncle. C'était moins marrant quand l'un des salariés, anciennement apprenti, se prenait pour le petit chef et lui cassait les couilles pour un oui, pour un non. Mais la vérité, c'est que Cédric n'avait pas mauvais fond. Ses conneries, ses absences n'étaient pas calculées, pas intentionnelles. C'était simplement un gamin qui pensait qu'à s'amuser après le boulot avec ses amis et qui réalisait pas encore qu'il était entré dans le monde du travail.

Mon oncle m'avait dit de lui qu'il était tellement inconscient, qu'il allait mourir jeune. Il ne pensait pas avoir raison. Je sais ce soir qu'il se mord les doigts d'avoir penser et dire cela, le pauvre. En tout cas, en dépit de l'opinion parfois très sévère que les uns et les autres portaient sur le môme, sa disparition n'a pas laissé indifférent. Quoi de plus normal après tout, deux ans passés ensemble, ça créer des liens. Et puis c'est une petite entreprise.

Le peu de temps que j'ai bossé avec lui, quelques semaines ici ou là, je sais qu'on s'entendait bien. J'avais l'impression qu'en raison de mes études, il me voyait comme un peu à part et avait un certain respect peut être, et qu'en raison de ma simplicité, il m'appréciait. C'est sur que je m'adressais à lui avec plus de finesse et de gentillesse que d'autres. Mais je ne me voyais pas non plus faire mon petit chef. C'était plus des défis collectif « aller Cédric, on met tant de temps pour se faire ce portail ». Bien sur, je le charriais aussi, c'est un peu l'ambiance, parfois je le faisais marcher, mais sans jamais de méchanceté.

Je repense à ces quelques petits instants de vie sociale commune. Trop courts pour m'apparaitre comme de la franche camaraderie, trop peu personnel pour avoir été une réelle amitié. Il fera partie de ces gens que j'ai croisés furtivement dans le BTP et que j'ai eu plaisir à rencontré et à côtoyer. En tout cas, son brusque départ me refait penser que la voiture n'est pas un jouet et qu'il convient de l'utiliser avec prudence.