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01 avril 2010

La gauche française rénovée ne craint pas de parler de sécurité.

Le texte qui suit est une traduction faite par mes soins, d'un interview réalisé par le quotidien argentin « Ambito Financiero », auprès de Jean-Jacques Urvoas, député socialiste du Finistère et Secrétaire National à la Sécurité du Parti Socialiste.

 

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Qu'un parti socialiste compte au sein de son Secrétariat National un responsable sur la Sécurité est quelque chose de surprenant, étant donné l'habitude de la gauche à nier le problème ou à le regarder comme un thème de la droite. Mais le socialisme français semble décider à assumer le besoin d'un électoral qui voit sa vie quotidienne envenimé par l'augmentation de la délinquance. Les promesses non tenues du président Nicolas Sarkozy en la matière expliquent, en plus, en bonne partie la déroute de « l'officialisme » (?) et le regain socialiste aux élections régionales du 21 mars dernier. « Ambito Financierco » a interviewé Jean-Jacques Urvoas, député de Quimper et secrétaire national pour la Sécurité du PS. « Je suis un ministre de l'Intérieur » ironise-t-il dans son bureau à proximité du Palais Bourbon où siège l'Assemblée Nationale.

Le Journaliste : Le discours de la gauche sur la sécurité a-t-il changé ?

Jean-Jacques Urvoas : Le Parti Socialiste a toujours eu un regard lucide sur ce thème. Mais depuis 1997, nous osons le dire de manière différente, en laissant de coté des termes comme « sentiment d'insécurité », qui pouvaient laisser penser qu'il ne s'agissait pas d'une réalité. Nous assumons pleinement que la sécurité n'est pas quelque chose d'accessoire. La différence avec la droite c'est que nous croyons qu'il faut mieux punir, mais aussi mieux prévenir. Une peine est efficace si elle évite qu'une personne qui a commis un crime ait l'envie de récidiver.

Le Journaliste : Comment on arrive à cela ?

J.J.U. : Il n'y a rien de pire qu'une peine qui n'est pas effectuée. En France, beaucoup de condamnations ne sont pas effectives parce que les tribunaux sont débords, manquent de moyens etc. De là née le sentiment d'impunité. Mais la peine doit être proportionnelle, la sanction n'a pas à être nécessairement l'emprisonnement. La droite tend à mesurer l'efficience par l'enfermement. C'est pour ça que nos prisons sont saturées et que la délinquance ne baisse pas. La prison est criminogène : on y sort encore plus délinquant que lorsqu'on y est entré. L'échelle des peines doit s'adapte au délit et à la personne. Quand je juge un délit, je juge aussi un homme. L'acte ne suffit pas à déterminer la peine.

Le Journaliste : L'insécurité a augmentée ?

J.J.U. : Oui, parce que la Police et la Gendarmerie - nos deux forces de sécurité - n'ont pas les moyens ni les méthodes pour lutter efficacement contre la délinquance. Une Police efficace est une Police présente. Celle qu'on voit tous les jours, celle qui vie dans les quartiers dans lesquelles elle travaille. La population aura confiance en sa Police si elle la connait et le policier connaitra mieux le milieu s'il y vie.

Le Journaliste : Il manque des policiers dans les rues ?

J.J.U. : La Police doit être dans les rues pour protéger les gens mais le Gouvernement supprime des postes et les remplace par des caméras de surveillance. Nous préférons qu'il y ait plus de policiers dans les rues. Parce que la prévention sera toujours plus efficace avec des personnes qu'avec des machines. Aujourd'hui la Police n'est pas là où l'on en a besoin parce qu'on n'a pas superposé la carte de la présence policière à celle des délits. Pendant six jours on ne voit personne et le septième jour arrivent les patrouilleurs à saturer l'espace et effrayer les délinquants qui, lorsqu'arrivent les « unités mobiles », s'en vont. S'il y avait une Police toute la semaine, peut être qu'il n'y aurait pas délinquants. Nous avons une Police d'interpellation. L'an passé on a atteint un record scandaleux de 800 000 arrestations. C'est parce que le Gouvernement a changé les lois de telle sorte que, devant le moindre délit, on peut procéder à une arrestation. Par ailleurs, cela impulse une logique de chiffre, un impératif de rendement que la Police vie très mal parce que ça la condamne à être moins efficace. Lorsqu'on est évalué, par exemple, à partir d'un nombre d'arrestations de vendeurs de cannabis, c'est tentant de se consacrer qu'à ça et de ne pas démanteler le réseau. La relation entre les gens et la Police s'est dégradée. La Police ne protège pas la population si ce n'est qu'elle se consacrer à faire du chiffre pour que le Gouvernement puisse dire qu'il est efficace. Mais la vérité c'est que l'insécurité augmente.

Le Journaliste : Quels sont les délits les plus fréquents ?

J.J.U. : La petite délinquance, celle qui affecte les gens, augmente : « el arrebato » (?), l'agression gratuite dans les rues, les vols de maisons, etc.

Le Journaliste : La crise influe-t-elle sur cette augmentation de la délinquance ?

J.J.U. : Bien entendu, du moment qu'existe une paupérisation croissance, il y a sans doute des tentations plus fortes. Mais ce n'est pas pour cela que la délinquance est condamnée à croitre. L'Etat doit s'adapter. Garantir la sécurité des personnes et des biens est un devoir de l'Etat, pas quelque chose de facultatif. Justement c'est parce que la situation se détériore sur le plan économique, que la sécurité doit être garantie. La sécurité est un droit.

Le Journaliste : La sécurité a-t-elle joué un rôle dans ces élections régionales ?

J.J.U.: Beaucoup. Nicolas Sarkozy s'est fait élire sur la base de la promesse de la sécurité. C'était sa marque d'origine. Et il n'a pas réussi. Les chiffres - mêmes officiels - montrent que la situation est en train de se dégrader. On peut dire par la télévision que les choses s'améliorent, mais pas lorsqu'une personne ne se sent pas en sécurité lorsqu'elle sort dans la rue.

21:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, gauche

12 mars 2010

Peut-on vivre sans aller voter ?

A quelques jours du premier tour des élections régionales, il n'est pas rare de croiser encore quelques électeurs indécis, également tentés par l'abstention. Parmi ceux là, certains cachent mal leur scepticisme sur l'intérêt et le sens du vote. Et leur récurrente question - « A quoi ça sert de voter !? » - laisse difficilement indifférent les démocrates convaincus.

Le gouvernement a lancé il y a quelques mois le scandaleux « débat » sur l'identité nationale et de l'immigration. Le durcissement de la politique sur l'immigration a conduit les services préfectoraux à remettre en cause la nationalité française des concitoyens qui venaient renouveler leurs papiers d'identités. Ce qui apparait comme une bévue administrative matérialise en fait la précarité (voire la négation !) de notre identité citoyenne. Face à cette dérive, le vote, parce qu'il exprime la voix de celui qui acquiert le rang de citoyen, est le pouls de la  vie démocratique et le ciment de notre identité républicaine.

Je pense également qu'une part de l'abstention et/ou du scepticisme des électeurs vient du fait que les gens, au final, ne savent pas à quoi servent les régions. J'ai pu en prendre la mesure en tractant sur le marché de ma commune le samedi matin. Les candidats de la liste socialiste en Midi-Pyrénées, présents sur le marché à l'occasion, ne manquent pas de rappeler les compétences de la Région.

Une Région, ce n'est pas un mini-Etat. N'étant pas dans un contexte d'Etat fédéral comme en Allemagne ou aux Etats-Unis, nos régions n'édictent pas leurs propres lois et ne créent ni ne lèvent des impôts propres à leurs territoires. Dotée de la clause générale de compétence, la collectivité « région » peut intervenir dans tous les domaines où elle estime, via l'assemblée délibérante (le conseil régional), la représentant, devoir intervenir et sous réserve de respecter la loi (produit de l'Assemblée Nationale et du Sénat).

Mais les différentes lois de décentralisation ont confiées aux régions des champs de compétences précis. La Région intervient en matière de développement économique (aide aux entreprises, de filières locales), de transport férrovière (TER), d'aménagement du territoire (développement durable), de formation professionnelle et d'apprentissage, de lycée (personnel TOS, création et rénovation d'établissements scolaires ainsi que le mobilier). Autrement dit, la région intervient dans les affaires de la vie courante, aux cotés des départements et des communes.

Malgré des budgets limités et des règles budgétaires strictes encadrant leurs dépenses (la région ne peut s'endetter que pour investir), les régions, avec l'ensemble des collectivités locales, réalisent les ¾ de l'investissement public. En dépit de nombreux bouleversements (transferts de compétences non toujours compensés financièrement par l'Etat ; suppression de la taxe professionnelle, principale ressource fiscale des collectivités), les régions participent au soutien de l'activité des entreprises locales et au développement durable de nos territoires.

19:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

24 janvier 2010

Quand Lionel raconte une part de notre histoire...

Certaines situations politiques ne manquent pas d'ironie. Alors qu'en mai 2007, un certain candidat Sarkozy nous proposait de « construire la France d'après », presque trois ans après, la France justement, semble empreinte d'une certaine nostalgie. Comme si les perspectives du futur seraient trop sombres pour qu'on s'y attarde, le débat politique est aujourd'hui en partie marqué par un retour sur l'histoire et certains de ses acteurs contemporains.

Pour s'en convaincre, il suffit de voir le succès du premier tome de l'autobiographie de Jacques Chirac ou encore l'émotion et le débat suscité par la disparition de Philippe Séguin, deux personnages politiques qui ont marqués plus ou moins la vie politique des quarante dernières années. A un autre niveau, le monologue sur l'Identité nationale contribue à un débat sur nos origines respectives.

Hasard du calendrier, c'est dans ce contexte de retour vers le passé que parait en librairie le dernier livre de Lionel Jospin : Lionel raconte Jospin. A travers une série de dialogues avec Patrick Rotman et Pierre Favier, le dernier Premier Ministre socialiste que la France a connue, relate une partie de sa jeunesse et revient sur sa longue expérience politique.

En attendant de pouvoir dévorer le livre - dès qu'un de mes potes l'aura fini - j'ai patienté en regardant le documentaire en deux parties, diffusé dernièrement sur France 2. Dans la mesure où ma conscience politique est née l'année où Jospin s'est fait éliminer dès le premier tour de l'élection présidentielle, j'éprouve de fait, toujours une certaine sympathie pour le personnage. Et le 21 avril 2002 suscite encore un questionnement sur la démocratie.

Dans la première partie du documentaire, il est question de la période qui va de l'enfance de Lionel à la réélection de François Mitterrand en 1988. Du fait des éléments traités (l'enfance, la famille, le lycée, sa passion pour le sport, son entrée à l'ENA, son passage à l'OCI, sa période de professorat, son arrivée au PS, son travail auprès de Mitterrand, son rôle de Premier secrétaire), cette première partie du documentaire est à mon avis la plus personnelle. Mais pas non plus trop intime, le personnage restant discret et austère, fidèle à l'image qu'on se fait de lui.

La seconde partie qui aborde la période 1988-2002 se regarde surtout en tant qu'histoire collective, celle du socialisme français et de la politique française en général, analysée sommairement par un homme qui a plus ou moins occupé un rôle de premier plan. Le second septennat de Mitterrand est quand même rapidement survolé.

On a droit à quelques commentaires sur son passage à l'Education nationale, ou sur ses rapports avec Mitterrand lors de la guerre du Golf ou lors du référendum de Maastricht. Quelques mots aussi sur le congrès de Rennes (à l'origine du différend Jospin-Fabius et l'éclatement de la mitterrandie), sur l'arrivée de Cresson à Matignon, puis sur Bernard Tapis. Par contre, la mort de Bérégovoy n'est même pas abordée...

Cette seconde période se concentre surtout sur sa candidature à l'élection présidentielle de 1995 (du désistement de Delors et de l'organisation des premières primaires socialiste à la campagne présidentielle et son échec face à Chirac) puis son passage à Matignon entre 1997-2002 (rapports au sein de la gauche plurielle, rapports au sein du gouvernement, rapports avec Chirac et la droite de l'époque). Le documentaire finit sur son analyse de la défaite et les raisons de son départ définitif de la vie politique.

Plusieurs choses m'ont marqués dans ce documentaire :

D'abord, le phrasé de Jospin. Son verbe, y est très retenu, très pensé et très structuré. Il a une voix et une locution très personnelle et bien reconnaissable. Elle attire l'attention je trouve. En tout cas j'aime bien l'écouter.

Ensuite, on ne peut s'empêcher de remarquer une certaine neutralité dans ses propos par rapport à certains responsables politiques socialistes ou de la gauche en général, à l'exception de Mitterrand et de Tapis. Points de portraits flatteurs ou de petites phrases désobligeantes à l'égard de Rocard, Fabius, Chevènement, Aubry, Royal ou DSK... les trois derniers ne sont même pas cités il me semble.

Par ailleurs, on peut mesurer son attachement à défendre coute que coute son bilan à Matignon que ce soit sur le plan économique, politique, sociétal ou sécuritaire. Et du coup, l'épisode du 21 avril semble pour lui rester une douloureuse expérience, encore mal digéré. Les quelques concessions faites sur ses lacunes masquent mal son sentiment d'injustice. Pour l'autocritique on repassera...

Il y a également l'attachement affiché et répété à la famille socialiste en général et au Parti Socialiste en particulier. Cela ne laisse pas indifférent les militants socialistes, surtout les plus anciens. Cet attachement sentimental à cette vielle et belle famille force pour moi le respect. Mais du coup il dégage une image d'un homme de parti qui écorne celle d'homme d'Etat, qu'il a été. Sans parler du fait que par moment, il donne l'impression de vouloir figer le socialisme dans le temps, en le réduisant à la période où il exerçait des responsabilités.

Il faudra bien pourtant que celui qui s'était octroyé un droit d'inventaire sur les années Mitterrand finisse par accepter de laisser à une nouvelle génération ce droit à juger les années Jospin. Le tout étant de construire une critique « objective » et non systématique de ces cinq années là. A bien des égards, son bilan législatif est remarquable. Les résultats sont cependant plus nuancés.

Enfin, on pouvait retrouver dans les images d'archives, les principales personnalités socialistes de nos jours, à l'époque où elles occupaient des responsabilités sous le second mandat de Mitterrand et plus encore sous le gouvernement Jospin. Et si je n'ai pas coutume de porter de jugement sur l'âge et l'image de nos responsables politiques, je dois bien reconnaitre que j'ai été stupéfait de voir que certains ont pris un coup de vieux.

Cela doit nous rappeler que la gauche ne doit pas avoir les yeux rivés sur la « dream team » de la période 1997-2002, et que plus on restera attaché à cette période, dont il convient de tirer profit du meilleur, plus le décalage avec la société dans le présent se sentira. Il revient à la gauche d'écrire une nouvelle page de son histoire, et ce faisant de bâtir un nouveau chapitre de celle de notre République.

02 décembre 2009

Réjouissantes perspectives

A l'université d'été de La Rochelle de cette année, Martine Aubry avait annoncé la tenue d'une convention sur le nouveau modèle économique et social à construire. Cette convention sera présidée par Pierre Moscovici et devrait avoir lieu après les élections régionales de mars prochain. On en sait un peu plus désormais sur l'organisation de ce stimulant travail intellectuel. Il y aura donc trois grands thèmes, subdivisés en treize ateliers. Voilà de réjouissantes perspectives !


Thème 1 : Un nouveau modèle de d'éco-développement au service du progrès


Atelier 1 : Un nouveau modèle de production pour sortir de la crise, une stratégie industrielle pour préparer l'avenir

Atelier 2 : Accélérer la mutation social-écologique de notre économie et de nos modes de consommation

Atelier 3 : Une politique énergétique pour la diversification, l'indépendance et la sécurité des approvisionnements

Atelier 4 : Commerce international : quelles politiques pour un juste échange ?

Atelier 5 : La recherche et l'innovation au service d'une nouvelle croissance


Thème 2 : Relancer le progrès social


Atelier 6 : Plein emploi, bon emploi : de nouveaux outils pour l'égalité réelle

Atelier 7 : Pouvoirs, propriété et gouvernance dans l'entreprise : de nouvelles règles pour un juste partage des richesses et l'amélioration des conditions de travail

Atelier 8 : Pour la société du bien-être : refonder la protection sociale


Thème 3 :  Réhabiliter l'intervention publique


Atelier 9 : Réarmer l'Etat et la puissance publique, développer les services publics, distinguer les biens publics et les biens privés

Atelier 10 : La révolution budgétaire et fiscale au service de la justice

Atelier 11 : De nouveaux outils pour un monde solidaire et durable

Atelier 12 : Réorienter l'action publique européenne

Atelier 13 : Le nouveau modèle de développement et les territoires

22:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ps, économie, aubry, moscovici

12 novembre 2009

Réforme territoriale: rétablir quelques vérités !

Avec la réforme territoriale, les collectivités locales (communes, département, régions) sont dans le collimateur du gouvernement Fillon. Réduire le nombre de collectivités et d'élus locaux, encadrer leurs actions et refondre la fiscalité locale, loin d'approfondir la décentralisation, la réforme conduit à une recentralisation. Cet article veut rétablir quelques vérités sur les collectivités.


Le nombre de niveau de collectivités.


Contrairement à l'argument en vogue, la France n'a pas plus d'échelons d'administration locale que ses voisins européens. Le département, si souvent critiqué, existe dans 12 pays de l'Union européenne (UE) avec des noms et des formes propres. 7 pays n'ont qu'un niveau d'échelon, les communes. La France est, en superficie, le plus grand pays de l'UE.

La particularité française réside dans le nombre de communes : 37 000, soit 47% des communes de l'UE. 21 000 d'entres elles ont moins de 500 habitants et font partie de communautés de communes. Seules, elles ne peuvent fonctionner normalement par manque de moyens. Les communes transfèrent toujours plus de compé-tences vers ces regroupements, ce qui permet de réaliser des économies d'échelles et d'atteindre un niveau d'action plus efficace.


La démocratie locale.


La décentralisation repose sur le principe de subsidiarité. Ce principe signifie qu'on gouverne mieux de près et qu'il faut transférer les bonnes compétences à l'échelon efficace.

Depuis les lois de 1982-1983, le département s'est vu confié la compétence en matière d'action sociale et d'aménagement du territoire. Or la création d'un nouvel échelon, la métropole, qui récupérerait une partie des compétences du département, pose le problème de l'équilibre et de l'équité entre territoires. Dans le cadre de la Haute-Garonne, si le Grand Toulouse devient une métropole (les petites communes disparaissent alors) et assume sur sa zone géographique, les compétences sociales du Département, pourra-t-on garantir l'égalité de traitement entre citoyens selon qu'ils habitent en zone urbaine ou rurale ? Comment harmonisera-t-on le territoire à partir de deux collectivités, inégalement dotées en ressources financières, agissant sur deux zones géographiques différentes ?

La création des conseillers territoriaux, qui remplaceront à terme les conseillers généraux et régionaux, institutionnalise le cumul des mandats. Le mode de scrutin choisi met en péril la représentativité d'une pluralité d'opinions politiques. L'Angleterre pratique ce mode de scrutin qui débouche sur un bipartisme excessif où celui qui arrive en tete obtient la majorité absolue par un système de prime. Il rompt aussi le lien de proximité entre citoyens et élus.


La fiscalité locale.


On accuse les collectivités locales - en particulier depuis qu'elles sont gérées par la Gauche - d'être trop dépensières et d'augmenter régulièrement les impôts locaux. Pourtant en matière de gestion, l'Etat n'a pas de leçons à donner.

Contrairement à l'Etat, les collectivités locales sont faiblement endettées : leurs dettes représentent 10% de la dette publique totale contre 79% pour celle de l'Etat. Par ailleurs, elles ont su dégagées une épargne conséquente leur permettant d'autofinancer une part croissante d'investissements et de réduire leur taux d'endettement. Cette situation financière résulte autant de règles financières strictes que d'une volonté politique des élus.

La forte augmentation des dépenses des collectivités ces vingt dernières années, vient des lois successives de décentralisation. Ces lois ont transférées toujours plus de compétence aux collectivités, avec une compensation financière incomplète ou insuffisante.  Incomplète au regard de ses engagements, insuffisant au regard des besoins du terrain, que la logique de subsidiarité permet de révèler. Enfin, lors des crises régulières (1993, 2001, 2008), les recettes diminuent et les dépenses (sociales notamment) augmentent.


La taxe professionnelle.


L'inquiétude des élus locaux - tout bord confondue - vis-à-vis de la suppression de la taxe professionnelle vient du fait que cet impôt est la principale ressource fiscale des collectivités. A titre d'illustration, la suppression de la taxe professionnelle représentera pour le Conseil Général de la Haute-Garonne, une perte sèche de 50% du produit de ses recettes de fiscalité directe et un quart de son budget.

Or face à la crise économique actuelle, l'activité économique ne résiste que par la consommation des ménages et l'investissement public. Les ménages ne pourront pas éternellement puiser dans leur épargne. Les collectivités locales assurent les ¾ des investissements publics. Si on supprime leur principale ressource fiscale, comment vont-elles faire pour réaliser les investissements nécessaires et ainsi soutenir l'activité économique ?

(texte à destination du journal local de ma section socialiste)

19:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)