27 septembre 2008
Début de polémique: l'itw de Rocard au Parisien
Début de polémique au PS après les propos tenus par Michel Rocard, dans un entretien au Parisien, sur le discours de Sarkozy à Toulon. Voir l’article du Nouvel Obs ici.
Réputé pour son « parler-vrai » et ses prises de positions parfois à contre courant de celles généralement tenues par les principaux dirigeants socialistes, l’ancien Premier Ministre de François Mitterrand surprent toujours, autant qu’il agace certains.
J’ai pour ma part, et c’est pas nouveau, une grande admiration pour ce monsieur. Ca ne m’empêche pas d’être en désaccords avec ses choix et certaines de ces argumentations. En l’espèce, si je regrette son optimisme sur le RSA, je pense qu’on lui fait encore un mauvais procès.
Pour qui a lu ses récents livres et suivit ses interviews, les positions de Michel Rocard ne sont pas surprenantes. Je dirai même qu’ils sont dans la continuité de ce qu’il défend depuis des années, en particulier sur les changements de l’économie mondiale et la dangerosité des thèses néolibérales dérégulatrices souvent défendues par les droites américaines et européennes. A ce titre il ne peut qu’applaudir les propos de Sarkozy d’en finir avec le « laisser-faire » et « laissez-passer ».
Mais il ne faut pas oublier qu’on est en période de congrès et que certains socialistes vont user de la sortie de Rocky pour attaquer la motion A, dont le premier signataire est Bertrand Delanoë et dont Michel Rocard est signataire.
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JDD. Sarkozy est-il de gauche?
Michel Rocard. Evidemment non ! Le fait d’être de droite ou de gauche est l’affaire de toute une vie, d’une continuité, d’une grille de choix permanente. Les amitiés et les relations de M. Sarkozy sont clairement dans le grand capital, clairement à droite. Et sa ligne politique aussi : on le voit dans l’inhumanité avec laquelle il traite le problème de l’immigration.
Mais c’est un homme de droite qui a de fortes pulsions réformatrices. Il a envie de changer des choses. Et en tant que président de la République il veut maintenir la cohésion sociale en France. Je rappelle que le revenu de solidarité active (RSA) est une idée sur laquelle nous avons nous-mêmes beaucoup travaillé au Parti socialiste. Et ce RSA correspond trait pour trait à l’allocation compensatrice de revenu que les groupes de réflexion du PS avaient soumise à Lionel Jospin lorsqu’il était Premier ministre.
Le RSA est donc bien une mesure de gauche ?
C’est d’abord une mesure sociale intelligente. Pourquoi vouloir tout étiqueter et classer ? Je suis content de voir resurgir ce revenu de solidarité, mais cela ne fait pas pour autant du président un homme de gauche. La droite française défend de manière inconditionnelle un régime économique nommé capitalisme. Or ce régime a subi depuis trente ans une formidable révolution interne. La croissance et le plein-emploi ont disparu. Le quart de la population est précaire, chômeur ou pauvre. Que même des hommes politiques de droite se rendent compte qu’il y a là une erreur d’aiguillage du capitalisme, c’est la moindre des choses ! Cela n’en fait pas des hommes de gauche pour autant, mais cela rend des convergences possibles.
Quel est le principal critère qui empêche, selon vous, de considérer Nicolas Sarkozy comme quelqu’un de votre camp ?
Cela a toujours été le critère fiscal. Le paquet fiscal a confirmé que Nicolas Sarkozy est un homme de droite.
Mais là, il veut s’en prendre aux parachutes dorés, donc pénaliser les plus riches…
Je l’espère bien ! Henry Ford, qui fut un grand industriel, et qui incarnait la droite paternaliste, disait qu’il ne fallait pas trop de règles dans le capitalisme, mais qu’il fallait, du coup, une éthique. Il trouvait scandaleux que les grands patrons se payent plus de 40 fois le salaire moyen des gens qu’ils commandent. Nous sommes passés aujourd’hui à 300 ou 350 fois plus ! L’équité a disparu, le système n’est plus vendable à des électeurs. Et Sarkozy le comprend parfaitement.
Sarkozy cherche-t-il à brouiller les pistes entre droite et gauche ?
Disons que c’est un homme de droite ouvert. La crise est suffisamment grave pour qu’on respecte ce qu’en dit le président sans y voir, en plus, de la manoeuvre politicienne.
Quelles autres mesures d’inspiration de gauche, comme le RSA, lui souffleriez-vous ?
Pour sortir de la crise, il faut s’attaquer aux paradis fiscaux, développer une régulation financière beaucoup plus ferme, s’attaquer aux rémunérations excessives, limiter les OPA et probablement interdire qu’elles servent à dépecer les entreprises. Sur tout ça, il peut y avoir une grande convergence entre une droite réformatrice et intelligente ce qui est le cas de Nicolas Sarkozy et une gauche non révolutionnaire. S’il y a un sommet mondial, comme il le demande, il y aura sûrement des gouvernements de gauche qui y participeront.
Son épouse Carla peut-elle l’inspirer ?
Oui. C’est d’ordre privé mais c’est tout à fait possible, on est toujours influencé par ceux qu’on aime. La composition du gouvernement avant même l’épisode Carla Bruni avait montré que ce n’est pas un homme sectaire.
20:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : congrès, média, capitalisme, rocard, mitterrand
19 septembre 2008
75ème Congrès du PS (1)
Le 14, 15 et 16 novembre prochain doit se tenir à Reims, le 75ème Congrès du Parti Socialiste français. J’avais dans une note précédente exprimés mes doutes et partagé l’analyse que je tirais de la situation. Six mois après, après bien des événements, j’ai envie de revenir sur le sujet.
Mode d’emploi d’un congrès au PS :
La rédaction de contributions générales et thématiques. Seuls des membres du Conseil National (le Parlement du Parti) peuvent, en déposant leurs signatures, porter ces textes au Bureau National qui les enregistre. Les militants sont libres de les signer tout en sachant qu’on ne peut apporter sa signature qu’à une seule contribution générale. Les textes n’engagent à rien mais c’est souvent l’occasion pour les différents courants et sensibilités internes d’exister.
A partir de ces contributions, les différentes sensibilités élaborent des motions. Elles constituent le programme politique (vie interne, politique nationale) des signataires qui la portent devant les militants.
Après une brève campagne, les militants votent sur ces motions.
Ensuite les militants organisent les congrès fédéraux (au niveau du département) sur la base des motions nationales et organisent la répartition des sièges fédéraux en fonction du résultat du vote des militants.
Le Congrès national officialise le résultat des votes qui détermine la physionomie du conseil national (en gros qui pèsent quoi, il faut savoir que seule une motion qui obtient plus de 5% des voix peut prétendre avoir des représentants au sein du Conseil national). C’est aussi à ce moment là qu’on se décide ou non à faire la synthèse.
Les militants votent en section pour l’élection du Premier secrétaire.
Enfin, le conseil national désigne le Bureau national et élit le Secrétariat national (sorte de gouvernement du parti).
Les motions :
Cette année on en décompte 21. Je ne parle même pas des contributions thématiques tellement nombreuses que la direction a décidé de ne pas nous les envoyer par courrier. Cette littérature militante montre toute la richesse de la diversité des pensées et d’analyses des socialistes : ces textes représentent quand même un certain travail et un certain investissement militant. C’est important de le souligner.
Mais d’un autre côté, dans la mesure où certaines contributions partagent grosso modo les mêmes idées, cette quantité de textes donne l’image d’un émiettement suicidaire. Je n’ai pas suffisamment d’expérience militante mais ce congrès ne semble pas être « normal ».
J’envisageais au départ une analyse comparée des positions des différentes contributions sur un certain nombre de thèmes (économie, Europe, politique sociale, environnement, le parti, désignation du candidat etc.), mais j’avoue avoir fait mon feignant. Je le ferai pour les motions.
Après une lecture rapide d’une majorité des contributions*, j’en tire la typologie suivante. Bien entendu, elle est discutable. Je l’ai établie selon ma perception des choses.
1. les contributions des présidentiables (Bertrand Delanoë, Ségolène Royal)
2. les contributions des courants réformistes (Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Martine Aubry)
3. les contributions « personnelles » (François Hollande, Gaëtan Gorce, Frédéric Leveillé, Marylise Lebranchu)
4. les contributions « de la gauche » du PS (Dolez, Hamon, Emmanuelli, Mélenchon, Filoche, Lienemann, Fleury)
5. les contributions régionales (Ayrault, Collectif Ligne Claire, fédération de Meurthe et Moselle)
6. les contributions innovantes (Utopia, Socialisme écologique, Urgence sociale)
Mes observations:
Je constate que le pôle réformiste ou de tendance social-démocrate (dans lequel je mets Delanoë, Moscovici, Aubry, Royal, Hollande pour les plus fameux), qui avait fondé l’ancienne motion A, arrivée en tête au 74ème congrès du Mans, est aujourd’hui éclaté. S’il continue sa division lors du dépôt des motions, on risque bien de se retrouver sans réelle majorité. Et alors tout est possible.
Etant un soutient de Dominique Strauss-Kahn et un proche de Socialisme et démocratie, « son » courant, j’aurai pû signer la contribution « Besoin de Gauche », portée par Pierre Moscovici. Mais cette contribution constitue surtout une méthode de gouvernance du parti pour les 2, 3 prochaines années, et basée sur le refus de la présidentialisation du parti, la relance du travail collectif via des conventions régulières, et le choix du mode des primaires pour la désignation du leader socialiste.
Je trouve que pour un courant qui se pensait à l’avant-garde de la réflexion et des propositions, le texte présenté est forcément décevant. Par ailleurs je regrette qu’aucunes précisions n’aient été apportées sur les modalités du débat et travail collectif. D’autre part le choix des primaires ne me convainc pas vraiment. Enfin, le comportement de certains responsables SD au cours de ces 6 derniers mois m’a peu incité à signer cette contribution.
J’ai donc signé la contribution « Urgence sociale » de Pierre Larrouturou, motivé par le constat fait sur la situation économique (et politique français et internationale. Mais je ne cache pas que les solutions envisagées sont diversement appréciables et la méthode pas toujours crédible. Le courant Utopia m’a également semblé très novateur dans le paysage politique, même si peut être trop conceptuel et pas assez « pratique ».
La semaine prochaine je parlerai des motions et des enjeux du congrès.
* vous pouvez retrouver l'ensemble des contributions sur le site du Parti socialiste français
19:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : congrès, ps, dsk, larrouturou
09 avril 2008
L'impasse
C’est bien sûr le titre du dernier ouvrage de Lionel Jospin. Mais c’est surtout la situation dans laquelle je me trouve intellectuellement dès lors que je me penche sur le 75ème Congrès du Parti Socialiste, prévu en novembre prochain.
Laminé aux dernières élections présidentielles et législatives (même si pour ce dernier scrutin, il enregistre une progression du nombre de députés par rapport à 2002), le premier parti d’opposition semble reprendre quelques couleurs après les victoires aux dernières municipales. Elections dont l’enjeu et les résultats, il faut l’avouer, m’ont laissés grandement indifférent, à l’exception notable des cas de Toulouse et de Metz.
Dans le fonctionnement et l’histoire d’un parti politique comme le Parti Socialiste, un congrès est un évènement majeur. C’est par ces grandes réunions qu’est arrêté officiellement - après tout un long processus sur plusieurs mois d’élaboration de contributions, de motions puis de vote des militants - la ligne politique du parti. Et c’est à partir de cette ligne politique qu’est composée la direction du parti puis qu'ensuite est désigné le Premier secrétaire, le grand chef des socialistes. Tels sont les enjeux du prochain congrès.
En tant que militant socialiste je suis donc appelé à me déterminer par rapport à une ligne politique, matérialisée par une motion, portée par un certains nombres de personnes signataires mais réduite symboliquement au premier d’entre eux. Or lorsque j’observe le champ politique du PS, la confusion envahit mon esprit mais l’amertume aussi.
Un parti politique, je l’ai déjà dit dans une note précédente, est un champ de lutte, une organisation mue par une dynamique entropique et neg-entropique, à la fois interne et externe. On veut que ce congrès aboutisse à une clarification entre diverses tendances qui s’affrontent plus ou moins violement. Mais on veut aussi qu’un leader apparaisse et s’impose tant à l’intérieur pour calmer la cacophonie et la pluralité de tête et de paroles, qu’à l’extérieur, sur le champ médiatique et politique.
De ces deux exigences ressort d’une part, un rejet unanime de toute synthèse telle que pratiqué lors du dernier congrès (mais qui a été une pratique courante dans l’histoire du PS) et d’autre part, une concentration du prisme médiatique sur la fameux duel Ségolène Royal // Bertrand Delanoë.
Ces deux tendances ne me satisfont pas. La première tend à la multiplication des courants à tendance identitaire, légitime mais « sectaire » dès lors que toute discussion et/ou négociation avec un autre groupe est perçue comme une compromission des valeurs et une dilution de son identité. La seconde, parce qu’elle est imposée et disproportionnée par la classe médiatique, personnifie le débat à l’extrême et tue tout débat d’idées et essaie d'analyses.
Dans les deux cas je suis mal à l’aise. La non-candidature de personnes de valeurs telle que Michel Rocard, Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn, font de Martine Aubry et Pierre Moscovici mes préférences par défaut. Et la multiplication des courants revendiquant chacun sa spécificité fait oublier certaines convergences et similitudes de pensées et renvoit le problèmes des idées au second plan.
Il y a un vrai clivage idéologique au sein du PS. Le Parti est divisé essentiellement en deux tendances. Une tendance sociale-républicaine et une tendance sociale-démocrate. Schématiquement les points de discorde, ça donne ça :
A parti de là se superpose toute une panoplie de courants :
1. Ligne sociale-républicaine (au sens large):
- Force Militante – Démocratie socialiste (Marc Dolez et Gérard Filoche)
- Pour la République Sociale (Jean Luc Mélenchon)
- Nouveau Parti Socialiste (Henri Emmanuelli, Benoit Hamon)
2. Ligne sociale-démocrate (au sens large):
- le courant fabiusien (Fabius, Weber, Bartolone)
- le courant hollandais – jospinistes (Hollande, Jospin, Delanoë)
- Socialisme et Démocratie (DSK, Moscovici, Rocard)
- Désir d’Avenir (Royal, Sapin, Peillon)
Sont un peu à part Rénover Maintenant d’Arnaud Montebourg et Manuel Valls.
D'après moi, le PRS de Mélenchon et S&D de DSK représentent le mieux, les deux lignes idéologiques du parti. Ce sont les deux courants qui offrent le mieux une idéologie structurée, identifiée et opérationnelle. A côté, les autres courants apportent leurs spécificités propres tout en partageant l'essentiel d'un des deux courants phares. Ils sont parfois même mieux structurés et implantés dans les fédérations mais n'équivalent pas PRS et S&D sur le plan idéologique.
A partir du moment où la multiplication des courants et des candidatures au poste de Premier secrétaire rend improbable - mais pas impossible - la victoire de l'un de ces groupes par majorité absolue, il faut peut être chercher du côté de ceux qui divisent le moins et qui tentent de faire un pas vers les autres.
Sur le plan des idées, je suis plus sur une ligne sociale-démocrate et m'identifie plus facilement à Socialisme et Démocratie de DSK et Michel Rocard qu'à tout autre groupe. Le problème c'est que les choses ont évolués du côté de SD depuis le départ de DSK. J'aurai souhaité une motion SD avec une identité sociale-démocrate affichée, mais ça ne sera surement plus le cas.
Je pourrai me rabattre idéologiquement sur Royal ou Delanoé mais ça m'est tout simplement impossible, tant leurs comportements, leurs attitudes et leurs pratiques politiques ne me conviennent pas. J'écarte l'hypothèse Jean Luc Mélanchon pour qui j'ai toutefois une certaine sympathie et dont j'éprouve toujours un peu de curiosité pour ses analyses politiques.
Il y a aussi cet OPNI que sont les Reconstructeurs. Ce mouvement crée à l'initiative de Jean Christophe Cambadélis et Laurent Baumel, tente un rapprochement sur le plan des idées avec Martine Aubry, les amis de Laurent Fabius et Arnaud Montebourg. Pour certains, vu le positionnement politique de Montebourg et de Fabius, en particulier sur l'Europe, un tel rapprochement parait contre-nature voir opportuniste. A dire vrai, je ne suis pas dupe sur ces personnalités dont certains choix et interventions ne m'ont pas toujours plu. Mais j'ai de l'estime pour le combat de Montebourg contre la corruption ou son projet de nouvelle république qu'il faudrait réactualiser. Le cas Fabius est plus difficile à cerner: c'est une bête politique hors pair, un homme d'Etat intelligent, bon parleur mais avouons-le, un peu cynique. Sa culture très typé ENA le rapproche de cette approche politique centré sur l'Etat mais son expérience gouvernementale me le fait classer malgré tout parmi les sociaux-démocrates.
Le doute est permis sur le cas Larrouturou. L'auteur d'Urgence sociale et du Livre noir du libéralisme, qui fait signer via le net une pétition appelant le PS à se remettre au boulot, tiens des propos rafraichissants. Ses constats, analyses et ses propositions face à la crise économique actuelle sont diversements appréciables mais laisse à penser que la "rénovation" peut porter sur les idées et non seulement sur les hommes. Et si ces critiques sur le fonctionnement interne du PS et la vie politique actuelle semblent correctes, sa capacité à interferrer dans l'histoire semble marginale. Il a le défaut de sa qualité : une certaine candeur politique. Il ne semble pas en mesure de jouer sur les "tares" du PS pour le faire avancer. Son influence reste modeste.
Je suis donc face à une impasse.
- L'enjeux du prochain congrès reste l'élection d'une nouvelle direction et d'une nouvelle stratégie politique, ce qui éveille l'appétie politique de certain(e)s et pousse les média à se centrer sur la seule question du leader.
- Mais ce qui est aussi au coeur du de la bataille du prochain congrès, c'est notre capacité collective à poser les bases d'une refondation idéologique telle que le Parti Socialiste en a connu à 3 reprises dans son histoire (Congrès de 1905, le Congrès de Tours en 1920 et le Congrès d'Epinay en 1971).
- Cette refondation devra tour à tour aborder la question 1) de la structure et du fonctionnement interne du PS (status, processus de décision interne, adhésion et formation des militants, relation avec société civile et le PSE etc) 2) réevaluer notre corpus idéologique et nos grilles de lectures de nos sociétés du XXIème siècle et en tirer des solutions 3) élaborer une stratégie politique (dont la question des alliances électorales).
- Mais j'ai la désagréable impression qu'on est loin du compte et qu'il me faut me déterminer malgré tout pour la moins mauvaise option au risque d'en voir gagner une qui me serait insupportable d'un point de vue de mes valeurs.
C'est donc par défaut, sans illusion, mais à raison, que je penche plutôt pour la démarche des Reconstructeurs dans la volonté de rassembler une majorité la plus large qui soit, sur un socle social-démocrate stable mais à rénover.
J'attends encore de voir ce que ça va donner, en particulier sur le champ des idées. Je lirai bien sur toutes les motions. Nous verrons d'ici novembre comment les choses évoluent. Je verrai d'ici là si je choisis le combat, la planque, ou la fuite... Car si l'avenir du PS n'est que ce que nous en faisons aujourd'hui, mon avenir ne dépend pas du PS... pas encore du moins.
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05 septembre 2007
Université d’été du Parti Socialiste, session 2007
Le Parti Socialiste s’est réuni le weekend dernier à La Rochelle pour sa rituelle université d’été, avec pour thématique : un « diagnostic pour la rénovation ».
Les universités d’été (U.E) sont l’occasion pour les militants de toutes les fédérations du parti (au PS, une fédération correspond géographiquement au département), de se rencontrer autour de débats thématiques, de discuter et se former. C’est important la formation d’un militant, pour le combat politique d’abord, pour créer/alimenter un sentiment de collectivité ensuite. En effet un groupe ne peut subsister si un minimum de liens – rencontre, valeurs, rites, discours – entre ses membres ne sont pas garantis, il finirait par se diluer. A la différence des Congrès qui définissent les orientations et désigne la direction du parti, les U.E. n’ont pas d’enjeu politique (au sens de vote interne).
Pour autant, il est indiscutable qu’au fil du temps, les U.E. des divers partis apparaissent comme les marqueurs de la rentrée politique. Elles deviennent aussi, sous l’influence toujours croissante et omniprésente des média, le moyen de mettre en avant telle ou telle personnalité. Ces personnalités profitent de l’occasion pour marquer le terrain médiatique et le terrain des militants (via l’applaudimètre).
Ce constant un peu sociologique et sans complaisance étant fait, parlons donc un peu de ce qui s’est passé cette année à La Rochelle. Il me faut dire d’abord que je n’ai pas pu y aller et je le regrette un peu, parce qu’étant un très jeune militant (7 mois), ça aurait été l’occasion de rencontrer des camarades et plus encore…
Cette U.E s’est faite dans des conditions assez spécifiques qui de mon avis, augmentait son intérêt :
- Les socialistes viennent de sortir d’une cuisante défaite présidentielle et législative (le léger mieux des législatives par rapport en 2002 ne doivent pas nous faire oublier qu’il s’agit d’une défaite), c’est donc l’occasion de marquer un nouveau départ.
- L’absence des principaux leaders permettait d’éviter de voir l’U.E comme un simple conflit de personnes, et donc d’aborder le fond des choses.
- Le courant Socialisme et Démocratie avait prévu de publier un Manifeste qui doit sonner l’heure de la rénovation idéologique du PS.
Bien. Il est difficile de se faire une opinion quand on a été absent mais c’était sans compter sur des camarades présents à l’UE et qui ont pensé faire des comptes rendus…
http://3socslarochelle.canalblog.com/
http://rochelle2007.parti-socialiste.fr/
Etrangement les média ont préféré se centrer sur l’ex-couple Hollande-Royal, sur le maire de Paris et quelques propos entendus ici ou là… Rien de bien neuf du côté de l’appareil médiatique, ils ne prennent que ce qui les intéressent.
Quoi en penser de tout ce schmilblick ?
Le PS tente d’entamer sa rénovation, tout le monde (les principaux dirigeants en fait) n’ont que ce mot à la bouche. Rénovation par ci, rénovation par là, « il faut faire ça », « nous n’avons pas fait ceci », « nous devons faire ça » et chacun y va de sa petite musique, au petit bonheur la chance, pour tirer son épingle du jeu. Les Valls, les Montebourg, les Peillon, les Hamon, ont autant d’ambition que leurs ainés, les fameux éléphants (Royal compris), mais si peu d’idées. On en reste au jeu des postures et c’est désolant.
Deux groupes attirent mon attention sur la rénovation : les Gracques et le courant SD, dont je suis plus ou moins proche :
- Les Gracques, ce sont ces hauts-fonctionnaires proche du PS qui ont durant la campagne présidentielle pris officiellement leur distance avec l'ex-candidate et l'acutelle direction du PS. Ils ont tenus une université d'été il y a 15 jours, avec des personnalités francofrançaise comme Michel Rocard, François Chérèque (CFDT) et extérieures comme le maire de Rome (ancien communiste) et Anthony Giddens, le théoricien du blairisme.
J'avoue que la présence de Giddens, aussi passionnante soit-elle intellectuellement, est un peu génante car elle envoit un signal (sans doute faux) que le modèle de rénovation envisagé est celui du Labour Party. Je suis plutôt sceptique sur la qualité de cette rénovation...
Je n'ai pas non plus compris l'insistance de Michel Rocard pour que le PS accepte l'économie de marché, quand on sait que les 15 ans de gouvernement socialistes (de Pierre Mauroy à Lionel Jospin) ont clairement montré que le PS n'était pas un parti anti-marché.
- Le courant SD, dont les principaux leaders sont Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici et Pierre Bergounioux. Je l'ai dit plus haut, un Manifeste a été publié (df97e5263f01f23cf8cb72bb3820a5e5.pdf).
Des le départ, lorsque l'idée d'un Manifeste SD est apparue et qu'un appel à contribution a été lancé, j'ai été en désaccord avec l'ambition à donner à ce Manifeste. Les responsables du courant ont voulu faire court et énoncer les grands principes de la SD, ou du "socialisme du réel"; là où personnellement j'aurai préféré quelque chose de beaucoup plus élaborré, divisé en plusieurs thèmes etc. Soit. Je ne suis qu'un militant lambda. Je trouve dommage d'insister autant sur la reconnaissance de l'économie de marché, qui est un faux débat, un thème journalistique et droitier, au vu de l'histoire. Je regrette aussi qu'il ne soit pas fait beaucoup mention aux syndicats... ce qui est un comble quand on se dit social-démocrate. Toutefois on retrouve les grandes idées forces de la social-démocratie telle que portée par DSK lors des primaires.
Je ne sais pas s'il faut se réjouir des premiers débats de La Rochelle, ils sont incontournables, mais la nature de ces débats me parraissent loin des enjeux qui nous attendent.
Il faut refonder le Parti Socialiste et cela passera par 3 étapes:
- Changer le fonctionnement du Parti (sa structure, le mode de désignation des dirigeants, ses rapports avec la société civile, etc),
- Travailler sur une ligne politique claire et un programme ambitieu répondant aux attentes de nos concitoyens
- Réfléchir à la stratégie électorale, dont la question des alliances.
Le grand danger c'est que la volonté de débattre et reconstruire des uns (je pense à Rocard) soient pas ensevelies par les ambitions des autres et de leur stratégies en vue du 75ème Congrès.
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